Être ou ne pas être Victoria Welby

Shakespeare ▲ Derrida dialemmatics . ., une photo de Jef Safi (cc by-nc-nd 2.0)

On me demande souvent si je suis vraiment Victoria Welby. Ce à quoi je m'amuse à répondre que, si j'étais vraiment Victoria Webly, je n'aurais pas le temps de l'écrire.

Maintenant que Pinpon s'est incarné dans ma vie, et que je suis un petit peu Victoria Welby, je me rends compte que j'ai raison. Être et écrire Victoria Welby ne sont pas tout à fait compatibles. Du moins pas avec un boulot à temps plein, une vie occupée et un amoureux magnifique et adorable avec qui on souhaite passer beaucoup de temps.

Oh well...

Shakespeare ▲ Derrida dialemmatics . ., une photo de Jef Safi (cc by-nc-nd 2.0)

Les gamins, la porno et les échinides

Oursin, une photo de Philippe Amiot (cc by 2.0)

Je raconte à une collègue comment, une fois sorti de l'eau, débarassé de tout ce qui se lovait à lui, les piquants rabattus, l'oursin avait un air tristounet. Et comment mon mec s'est foutu de ma gueule d'anthropomorphiste en herbe. Je raconte, avec verve et enthousiasme, mon argumentaire en faveur de la tristesse oursine. La collègue est impressionnée.

— Tu devrais écrire une histoire d'oursin pour enfants.

— Je ne suis pas certaine que Victoria Welby fasse fureur auprès des parents avec une histoire pour enfants.

La collègue ne sait pas que, dans une autre vie, je suis Victoria Welby. J'explique le pseudonyme littéraire, les histoires de cul.

— Alors tu devrais écrire un conte érotique d'oursin.

VW, le JHALCDF et l'oursin. Conte pornographique et piquant pour enfants matures. Je suis presque tentée...

Oursin, une photo de Philippe Amiot (cc by 2.0)

Zone érogène XIX

Mon mec et moi faisons les étoiles dans le lit. Face à face. Lui par-dessus moi. La partie de jambes en l'air a été succulente. Vraiment. Beaucoup. Énormément.

Nos corps sont repus. Vraiment. Beaucoup. Énormément.

Pourtant, mon sexe, pendant quelques secondes, se contracte délicieusement et un orgasme fabuleux envahit mon corps. Puis de nouveau quelques secondes plus tard. Et encore une fois un moment plus tard. Des soubresauts de plaisir absolument exquis. Inopinés. Inattendus. Mais drôlement appréciés.

Mon mec me regarde avec un brin d'envie au coin de l'oeil.

Le fond du bus

ogre, une photo de Paul (cc by-nc 2.0)

Je suis dans le fond du bus avec un bouquin. Après un moment, un vague sentiment de malaise s'installe en moi. Je lève les yeux.

À ma droite, les doigts du type — pourtant assis deux places plus loin, mais dont le bras d'étire sur le dossier du banc — frôlent presque ma nuque.

À ma gauche, un grattage grossier de la presque entrecuisse a tout l'air d'une branlette à peine euphémisée.

Devant moi, des yeux exorbités et voraces fixent ma poitrine, pourtant ensevelie sous deux chandails et un manteau d'hiver avec foulard noué au cou.

Mon sentiment de malaise s'intensifie, prend racine, s'installe pour de bon.

Ma tête cherche une évasion symbolique.

Tiens, je serai Mallory Knox dans Natural Born Killers. Je pèterai majestueusement la gueule du type qui est arrivé dans le diner et qui me traite comme une midinette grivoise. Ou je serai Beatrix Kiddo dans Kill Bill. Je foutrai des baffes spectaculaires au type qui s'interpose entre moi et le sabre convoité. Je suis forte, je suis vengeance, je suis invincible.

Puis je me ravise. Je n'ai pas envie d'être un fantasme. Je ne veux pas être une femme fatale, même létale. Je ne veux pas être objet de désir, objet sexuel, même mortel.

Je puise plutôt dans le répertoire horreur-gore. Je serai bête pratiquement informe, à la peau écaleuse et visqueuse, couverte de verrues et de plaies, à l'oeil hagard, à la bouche ouverte sur une dentition pourrie et d'un brun jaunâtre.

Je crois bien même que j'arrive à grossir mon volume corporel, à sentir la viande avariée, à laisser couler au coin de ma gueule une bave poisseuse et à émettre des grognements gutturaux.

Quand, arrivée à mon arrêt, je me lève pour sortir du bus, le type de droite est tout recroquevillé sur lui-même, prenant à peine une demi-place, le plus loin possible de moi. Le type de gauche croise chastement ses jambes, les mains modestement posées de chaque côté de ses cuisses. Le type d'en face examine avec soin le paysage extérieur derrière son épaule gauche. Une goutte de sueur coule le long de sa tempe.

ogre, une photo de Paul (cc by-nc 2.0)

Zone érogène XVIII

Mon mec et moi sommes allongés côte-à-côte. Dans ma main, il y a sa bite une peu molle. Je la caresse paresseusement. Parce que une longue soirée. Parce que la fatigue.

Jusqu'à ce que, sous mes doigts, je sente des jets de sang affluer dans son sexe et le faire bander fermement. Et ça m'allume terriblement beaucoup de sentir cette pression sous mes doigts.

Mon corps se réveille définitivement. Je chevauche mon mec, plaçant mon sexe tout près de ses couilles. J'enduis mes mains d'huile d'amandes et le branle majestueusement. Parce que le désir. Parce que le plaisir. Parce que la beauté de sa bite bandée entre mes doigts luisants. Parce que la douceur de ses couilles lovées contre ma chatte. Parce que mmmmmmmmmm...

Un quart de huitième de seconde avant que son foutre gicle, je le sens affluer le long de sa verge sous mes doigts.

J'aime définitivement beaucoup tâter les plaisirs, désirs, envies de mon mec du bout des doigts. C'est rudement sexy.

Le balcon

[Série 11. Suite de Le balcon]

'Vines', United States, New York, New York City, une photo de Chris Ford (cc by-nc 2.0)

La porte moustiquaire en bois, le balcon en bois, la remise en bois, les vignes, les arbres — la verdure en général — donnent à mon balcon de la rue Poitevin une allure très campagnarde. Le jeune homme à la crinière de feu se plaît à dire qu'il quitte son Plateau de L'Assomption pour venir me visiter dans ma campagne plateau-montroyalaise.

Le chat jaune des voisins du sud passe faire un coucou ronronnant. Le jeune homme à la crinière de feu a beau protester son non-amour des bêtes félines, le chat des voisins s'en fout et frotte son museau, sa tête, ses oreilles contre ses mollets.

J'habite ici depuis plus d'un an maintenant et j'ai bien l'intention de rester un moment, contrairement à mes habitudes des dernières années. Je n'ai pas trop aménagé l'intérieur de l'appart encore (la chambre est toujours d'un bleu poudre désespérant), mais je me suis procuré une table et des chaises pour le balcon arrière. Je m'enracine peu à peu.

Je connais même mes voisins un tantinet. La famille reconstituée du sud, dont le pommier est sans pommes cette année. Le couple sympa du nord, qui ne fait pas de travaux pendant l'heure de la sieste des gamines, des gamins de la garderie d'à-côté. Mes voisine, voisin du dessous, à qui je fais la conversation à travers les barreaux du balcon, et leur chien chasseur de souris.

Je regarde le jeune homme à la crinière de feu qui, de l'autre côté de la table, me lance un sourire magnifique. Je suis heureuse. Et amoureuse.

'Vines', United States, New York, New York City, une photo de Chris Ford (cc by-nc 2.0)

Le supposé ami

seven dealdy sins — envy, une photo de ickle_munchkin (cc by-nc-nd 2.0)

Je lui dit que je fréquente désormais quelqu’un. Il me passe des commentaires sur mon apparence physique. Ça se donne comme des compliments, mais ça sonne drôlement comme de la concupiscence degré zéro.

Je lui parle de ce quelqu’un dont je suis amoureuse et qui me rend vachement heureuse depuis un moment. Il me répond que ce type n’est qu’un parmi d’autres, que j’ai plein d’hommes à mes pieds. Ça ne se donne plus du tout comme des compliments, ça sonne très sérieusement comme des insultes qu’on sert à quelqu’une qu’on considère comme une traînée.

J’aimerais avoir la présence d’esprit de me fâcher — noir — ici, maintenant, tout de suite. Il y a encore trop de good catholic girl en moi pour lui dire de remballer son estie de tabarnak de câlisse de phallus dans son crisse de pantalon de mâle chauvin patriarcal condescendant paternaliste dégoulinant de dégueulasseries.

Je me contente, bêtement, d’être poliment vexée.

seven dealdy sins — envyune photo de ickle_munchkin (cc by-nc-nd 2.0)

Zone érogène XVII

Mon mec fait l'étoile dans le lit. Son visage est contorsionné; sa bouche, grande ouverte. Des sons un peu gutturaux s'en échappent. Ses mains agrippent les barreaux de la tête de lit. Son corps est bandé comme un arc. Mon mec prend son pied. Son foutre gicle; un «ah» en crescendo s'empare de l'espace ambiant et résonne chez la troisième voisine.

Mon mec est vraiment joli. Quand il jouit, il est vachement, diablement, foutrement beau. Je ne me lasse pas de le voir ainsi.

Roger & Rita

Pinpon vient me rejoindre dans le lac. C'est un après-midi superbe. Nos peaux chauffées par le soleil apprécient la fraîcheur de l'eau.

Comme le son porte sur le lac, on se tient tout près l'un de l'autre pour papoter. De fil en aiguille, nos bouches se collent à nos oreilles, nos corps se rapprochent. Je perds le fil de la conversation au moment où les lèvres de Pinpon s'intéressent plus à mon lobe d'oreille qu'aux mots à prononcer. Mes jambes glissent autour de ses hanches; mes bras agrippent fermement son torse; ma bouche, ma langue, mes dents fouinent dans son cou avec un enthousiasme un tantinet quiet.

Son corps se met à onduler contre le mien. Chaque fois que nos peaux se détachent l'une de l'autre, un frisson parcours nos corps, alors un peu frileux. Même le contact des quelques plantes aquatiques sur mes jambes me plaît. Les bisous de poissons curieux sont plus étonnants, me font sursauter un brin, mais finissent par s'intégrer à l'allégresse du moment.

On reste enlacés longtemps l'un à l'autre, goûtant les variations de température, la légèreté des corps flottants dans l'eau, la présence attentionnée, abondante, opulente de l'autre.

Du chalet d'en face, on entend de la vaisselle tomber et se fracasser sur le plancher.

— Roger!!! Sont en train de faire ça dans l'lac! Viens vouère!

— Rita, calme-toé, bon yeu!

Roger se poste tout de même à la fenêtre pour nous zieuter.

On rigole très fort et de très bon coeur.

— Victoria?

— Pinpon?

— On leur en donne pour leur argent?

Je baisse le maillot de Pinpon aux cuisses, empoigne sa verge d'une main enthousiaste tout en continuant de l'embrasser. Il m'interrompt un instant pour enlever le bas de mon maillot. Qu'il jette sur le quai. Rita s'indigne ou s'excite, on n'est pas trop sûr, et Roger tente tant bien que mal de la calmer.

Pinpon insère trois doigts dans ma chatte, collant la paume de sa main contre mon pubis. Il alterne entre le mouvement bref, pulsatif, efficace et la traînée langoureuse qui part du fond de mon sexe et s'étire lentement jusqu'au bout de mes nymphes et de mes grandes lèvres, tout en douceur intense. Le mouvement de ma main le long de sa verge, de mes doigts autour de son sexe emboîtent le pas. Un orgasme dément s'empare de moi alors que ses doigts glissent au creux de mes nymphes; je beugle mon bonheur à tout vent. Le visage de Rita, avec ses deux mains de chaque côté, ressemble à une version porno du cri de Munch. Je continue de branler Pinpon, qui jouit plus modestement, en soupirs et en soubresauts.

 

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