
J'entretiens un love-hate relationship avec les sites de rencontres virtuelles (but then, I also have a love-hate relationship with the world). J'ai même déjà inventée une avatar juste pour pouvoir me défouler à propos des messages idiots et débiles qu'on m'envoyait (et ça a fait un bien fou!). J'ai aussi développé un rapport très cathartique à la touche delete de mon clavier.
Pourtant, je finis toujours par y retourner. Faut croire que le côté «amour» de la relation est plus fort que le côté «haine».
On vous dira que les sites de rencontres offre trop de choix et qu'on s'y perd. Soit. Mais le monde que nous habitons est un être de la démesure. Les sites de rencontres ne font tout bonnement pas exception. Il faut simplement accepter de s'y perdre pour se permettre de peut-être découvrir des perles au détour du trajet (trajet qui peut, j'en conviens, paraître long et plate par moment!).
On vous offrira des comparaisons boîteuses pour vous décourager. Les sites de rencontres sont comme un étalage de viandes, une épicerie grande surface, un menu de restaurant. On peut aborder ces sites comme une expérience de magasinage extrême, en effet. On peut aussi refuser. Et aller à la rencontre de gens. Une personne à la fois.
Ou encore on vous dira que le «vrai» amour ne vient pas dans les sites Web, qu'on ne doit pas le chercher, qu'il vous tombera dessus parce que c'est votre destin. Peut-être. Si vous êtes un personnage de princesse dans un conte de fées. Sinon, il vaut peut-être mieux donner un coup de pouce au destin et concocter des occasions pour rencontrer des gens. Les sites de rencontres virtuelles sont une option parmi d'autres.
Souvent, en fait, on se permet de critiquer les sites de rencontres sans vraiment les connaître. On y passe un, deux, trois jours, voire quelques heures. On déteste ça, et on suppose que son expérience personnelle est un bon indicateur du — presqu'infini — reste de la réalité. Argumentaire pourri.
J'ai appris plein de choses dans les sites de rencontres.
À me connaître. Parce qu'il faut bien énoncer minimalement ce qu'on est, ce qu'on cherche pour provoquer une rencontre. J'ai vite compris que les profils fades et ternes ne donnent pas de bons résultats. Tout le monde aime le cinéma, la bonne bouffe, le bon vin, les soirées entre amies et amis, etc. Les profils WYSIWYG sont beaucoup plus efficaces. Les fans de Die Hard s'attardent rarement sur les profils des fans de Wong Kar-Wai. Les mononcs n'écrivent pas aux féministes. Mais, pour faire un profil WYSIWYG, il faut un mimimum d'introspection. D'où la connaissance de soi un tantinet augmentée.
J'ai aussi appris à dire non, gentiment, et sans culpabilité. Parce que j'ai fait le pari de répondre à tous les messages qu'on m'adresse, tant qu'il ne sont pas totalement dans le champ. Je digère aussi maintenant beaucoup mieux les refus. Même les plus mesquins.
Ma fréquentation des sites de rencontre m'en a beaucoup appris sur l'art de flirter et d'être entreprenante. À coups d'essais et d'erreurs. Parfois durs pour l'ego. Mais comme ce n'est pas quelque chose qu'on apprend aux jeunes filles, qui doivent être, comme les princesses dans les contes de fée, passives et patientes en attendant leur prince charmant, je considère que la leçon en vaut le prix.
L'expérience aidant, je sais maintenant que chaque rendez-vous contracté dans un site de rencontres donnera au moins une conversation décente — même si elle doit être sans suite — autour d'un café. Au pire, ça fait du matériel à récit (je sais, ce n'est pas très éthique, mais, bon, quand on accepte de sortir avec une écrivaine, on accepte implicitement la possibilité d'être un jour un personnage sous sa plume!). Au mieux, ça fait une bonne copine (si, si, j'ai rencontré une excellente copine dans un site de rencontres virtuelles!), un bon amant, un amoureux à plus ou moins long terme.
• Blind Date im Park 08 zitronenfalter2.de, une photo de LebenlstKunst (cc by-nc-sa 2.0)