


Mon travail artistique s'articule autour de trois grands thèmes:
— l'érotisme, la sensualité et le désir;
— les petites violences insidieuses du quotidien;
— l'adaptation en tant qu'intrerprétation (que d'autres appelleraient la remédiation).
Ces thèmes sont trois aspects d'une thématique plus large, à savoir la question de la représentation.
La censure, la répression et les tabous provoquent l'ignorance, y mènent inéluctablement. Les trois fonctionnent à partir d'un refus de représenter. Parce que ce qui n'est pas représenté n'existe pas (les grandes dictatures l'ont bien compris, elles qui condamnent les œuvres, les écrits jugés révolutionnaires, voire, qui font disparaître leurs auteures). Par la mise en scène de femmes féminines et féministes, dont la sexualité est à la fois assumée et exposée, je représente une réalité — le désir, la sensualité, l'érotisme des femmes — trop souvent laissée dans l’ombre.
Chaque jour, nous sommes blessées, heurtées, offensées, outragées, mises en colères par un geste anodin, une parole irréfléchie, une injustice. Chaque jour, nous taisons ces maux. Parce que l'intention n'était pas maligne, par que la préméditation n'y était pas, parce que le combat serait trop lourd à mener. Mais les maux restent, s'accumulent, deviennent amers. Une partie de mon travail vise à mettre à jour ces petites violences insidieuses du quotidien.
Adapter une œuvre, c'est se l'approprier, en faire une lecture, en livrer une interprétation. Le geste n'est pas innocent, transparent. Il approprie. Il transforme. Il éclaire sous un nouveau jour. L'adapation peut prendre diverses couleurs, diverses formes. Elle peut être poétique, politique, polémique, ironique. Dans tous les cas, elle transforme la représentation première qui avait été faite d'un objet du monde.
Mon travail est d'abord un travail d'écriture, de récit, de mise en mots. L'hypermédia, mon second matériau, vient décuplé le pouvoir des mots, leurs offrant des possibilités sémiotiques que, à eux seuls, ils ne possèdent pas toujours.