Un dernier souhait avant d’être exécutée?

21.02.2007, 18:22
catégorie: sans

— Moi, je dis qu’on devrait pas payer les frais médicaux des fumeurs.

Cet argument. Encore. Plus souvent depuis que la loi interdit de fumer presque partout. Le tout justifié parce que la cigarette rend malade, même celles et ceux qui ne fument pas, parce qu’elle pollue, parce qu’elle pue. J’aime même entendu quelqu’un argumenter que la cigarette était cause de déficit pour les pauvres.

Granted.

Maybe.

J’ai ai marre de la « vilénisation » des fumeuses, fumeurs.

— Et est-ce qu’on condamne aussi celles et ceux qui se farcissent de gras trans? qui s’empiffrent de sucre? qui boivent à n’en plus finir? Parce que c’est très mauvais pour la santé, le gras trans, le sucre et l’alcool. Très mauvais. Et on le sait. D’ailleurs, tant qu’à y être, condamne-t-on aussi celles et ceux qui s’obstinent à utiliser une voiture? Ça pollue et ça pue, les voitures. Raie-t-on aussi de la liste des possibles soignés les gens qui refusent de faire de l’exercice? C’est cause de beaucoup de maux, la manque d’exercice. Vraiment.

— T’exagères!

Vraiment? Ma femme a raison. Nous assistons à la naissance du fascisme bourgeois. Et personne ne veut le croire. Sauf peut-être dans les salons de cigares…


Traduction extrême

18.02.2007, 19:08
catégorie: sans

Une copine au bout du fil.

— Ça va?

— Deux mots monosyllabiques!

— Oulà, dur, le contrat de trad’…

Oui, dur. J’ai accepté de traduire, en cinq jours, un texte de 500 mots. Ça a l’air simple, comme ça, au départ, mais ça se complique. C’est un poème (première difficulté), composé uniquement de mots monosyllabiques (deuxième difficulté), arrangés en ordre alphabétique (troisième difficulté). En plus, la série doit faire sens syntaxiquement parlant (quatrième difficulté). On top of that, me suis offert un gros rhube avec fièbre (cinquième difficulté). Mais bon, la chose est faite. J’aime bien les défis. Surtout de nature littéraire. Mais ça fait aussi souffrir, les défis, même ceux de nature littéraire.

— Depuis cinq jours, je dors en monosyllabes, je bois et je mange en monosyllabes, je rêve, je baise, je sue, je respire en monosyllabes. Je tousse en monosyllabes!

J’exagère. Enfin, un peu. Mais si peu, en fait.


Les îles

13.02.2007, 20:23
catégorie: sans

Un pote européen est en visite à Montréal. Il crèche sur le divan d’un autre pote, comme il le fait chaque fois qu’il est de passage par ici.

— Je cherche une maison dans les îles.

J’ai un oncle plus aisé que les autres et qui a une résidence d’été dans les Îles de Sorel. M’est avis que le copain européen a une idée plus « tropicale » quand il cause d’« îles ».

— Mais il me faut une île où il y a un aéroport.

Me disais, aussi…

— Ma fille est à Paris, avec sa mère, et s’il y a un souci, il faut que je puisse m’y rendre rapidement.

Une idée sarcastique traverse mon esprit. Je la partage.

— Tu sais, la grande majorité des gens que je connais cherchent un appart près d’un métro, question de ne pas trop se les geler en hiver.


Jeunesse insolente

02.02.2007, 18:51
catégorie: sans

Il est tard dans la nuit. Une copine et moi sommes dans un café très in du non moins in boulevard Saint-Laurent. Nous venons cuver l’alcool que nous n’avons pas encore le droit de boire légalement, mais que nous consommons pourtant plus souvent qu’à notre tour. Folle jeunesse. Nous nous partageons un gigantesque plat de couscous-merguez. Miam.

À la table d’à côté, deux trentenaires. Qui, de toute évidence, ont envie de flirter. Avec nous. L’un d’eux se lance à l’eau.

— Des merguez, à cette heure-ci, pas facile pour la digestion.

Avec un grand sourire innocent et un air autrement moqueur au coin de l’oeil, je réponds du tac au tac.

— À mon âge, ça passe très bien.