Je rêve, tu rêves, nous rêvons…

17.09.2008, 15:16
catégorie: les mots des autres

In Miss Lutter’s tidy little house everything had been too personal. Everything had meant too much. In the General Washington, nothing was personal and nothing meant anything except what you saw. Except for the top, seventh-floor suites (which Rebecca had never seen) rooms were identically furnished. There were identical bedspreads, lampshades, sheets of stationery and memo pads gilt-embossed with the hotel’s name on identical desks. Even, on the walls, identical reproductions of nineteenth-century paintings depicting scenes on the Erie Barge Canal in the late 1800s.

Maybe, in identical beds, there were identical dreams?

No one would know. For no one would wish to aknowledge, his dreams were identical with the dreams of others.

Joyce Carol Oates, The Gravedigger’s Daughter

* Do You Still Dream? une photo de zenera.


Beyond anger

11.09.2008, 10:14
catégorie: sans

— La colère est passée.

Soupirs de soulagement. Tout le monde relaxe. Des sourires timides mais souriant tout de même s’installent sur les visages. Une main fraternelle s’installe sur mon épaule. Je suis, avec cette parole, redevenue la bonne petite fille bien élevée à laquelle on s’attend.

— Maintenant, j’ai la hargne.

Les sourires ne sont plus souriants, se défont, disparaissent. La main sur mon épaule n’est plus fraternelle. On la retire lentement, délicatement. Comme si elle avait été posée sur le mécanisme d’une bombe à retardement. Boum.

*open free, une photo de ksaad.


Cassure

10.09.2008, 15:06
catégorie: les mots des autres

And then I felt sad because I realized that once people are broken in certain ways, they can’t ever be fixed, and this is something nobody ever tells you when you are young and it never fails to surprise you as you grow older as you see the people in your life break one by one. You wonder when your turn is going to be, or if it’s already happened.

Douglas Coupland, Life after God

* Broken Toilet, une photo de borges,.


Colère de femme

, 14:55
catégorie: sans

rosie1

Je m’énerve, je m’emporte, je fulmine, je rage. Enfin, un tout petit peu. C’est un début de colère. Parce que nos interlocuteurs nous servent des âneries, des bêtises et des sottises.

— Chut, chut, chut.

Dit-il. En posant une main qui se veut apaisante sur mon avant-bras.

Quelques minutes plus tard, il s’énerve, s’emporte, fulmine et rage. Beaucoup. Fort. Nos interlocuteurs répètent les mêmes âneries, les mêmes bêtises, les mêmes sottises.

Pour la ixième fois, il me refuse ma colère, m’intime de la taire, de la calmer, de la retenir. Pour la ixième fois, il s’offre une colère qui était mienne.

Il n’est pas le seul. Ils sont plusieurs à m’avoir coupé la colère sous le pied pour se l’approprier quelques instants plus tard.

Ma colère est une colère de femme. Chose inacceptable. Les colères d’hommes sont justifiées, légitimes, motivées. Admises. Les colères de femmes, non.

J’ai désormais des colères doubles. Contre ce qui en est l’objet. Et contre qui se pose comme une entrave entre ma colère et son expression.

Girl, next time he wants to know
What your problem is
Next time he wants to know
Where the anger comes from
Just tell him this time the problem’s his
Tell him the anger just comes
It just comes.

Ani DiFranco, «Hide and Seek»