Trahison

23.12.2008, 09:16
catégorie: sans

— Elle lui a dit que tu avais dit que…

Elle n’a pas tort, j’ai bel et bien dit que. Et je crois qu’on doit assumer les conséquences de ses gestes. J’assume, donc.

En fait, j’assume en partie. Une partie de moi, une partie plus gamine, plus enfant, n’assume pas. Cette partie de moi veut aller dire à celle-là qu’elle a dit que…, et à celui-là qu’elle a dit que…, et à cet autre encore qu’elle a dit que…

Je ne le fais pas. Je ne le ferai pas. Parce que je crois aussi que ce qu’une amie me confie ne m’appartient pas. Et qu’un pacte n’a pas besoin d’être conclu, signé pour que ce soit le cas.

Par contre, je vais éviter désormais de lui dire que…, de lui dire quoi que ce soit en fait.

Leçon de vie. People come, people go. In some cases, it’s better to run for your life while you still can. Or else. In this case, I tasted the else.

* Betrayal And Loss, une photo de Jeremy Brooks.


Sortie de secours

01.12.2008, 18:17
catégorie: sans

C’est une journée gravitation. Il y a des jours, comme ça. Je suis le centre de l’univers, et ça gravite autour de moi.

Je ne suis pas dans un mood gravitation aujourd’hui. Je suis plutôt d’humeur solitaire.

Quatre types autour de moi me font de l’oeil, plus ou moins subtilement. Je tente de les ignorer.

L’un d’eux me lance un sourire resplendissant chaque fois que mon regard risque de croiser le sien. Un autre détourne la tête chaque fois que je lève les yeux, comme si je ne pouvais pas savoir qu’il était en train de me regarder. Un troisième se fout des manières, il me reluque impunément au grand jour. Le quatrième se liche les babines, se mord la lèvre inférieure et se flatte les cuisses.

Je me sens un tantinet traquée. En fait, pas un tantinet du tout. Beaucoup.

Le serveur se pointe à ma table avec le pot de café.

Refill? C’est moi qui offre.

Je lève les yeux. Il est complètement penché par-dessus la table, son regard plonge dans mon absence de décolleté, une goutte de bave au coin de sa lèvre menace d’aller atterrir dans ma tasse.

— Euh, non merci.

Il retourne à son comptoir, l’air penaud.

Où est le siège éjecteur?

Très lentement, je me laisse glisser sur ma chaise. Sous la table, à quatre pattes, je me dirige vers le corridor des toilettes. Et de la porte de secours.

Dehors, je m’adosse au mur, respire un peu. Ouf.

De l’autre côté de la ruelle, il y a un cuistot qui se grille une clope. Il me fait un clin d’oeil tout ce qu’il y a de plus gras et marmonne un «salut bébé» bien graveleux.

Ahhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhh!

* Push to Exit, une photo de Damien Franco