Le câlin qui tue
On se connaît depuis un bon moment déjà. On se fréquente depuis peu. On s’est désiré pendant longtemps. On s’est déclaré récemment. Faut dire qu’il y a une femme et un gamin dans le portrait. Ça teinte l’aventure.
Nous sommes dans un café avec des collègues. Lesdites collègues ne sont pas au courant de notre histoire, femme et gamin obligent. En fait, je crois que lesdites collègues sont polies, parce qu’il faudrait être foutrement aveugle pour ne pas voir l’énergie sexuelle qui passe entre lui et moi, peu importe où nous nous trouvons ensemble.
La conversation va bon train. Je place un “ouais, ouais” ici et là, question d’avoir l’air présente. La seule chose que j’ai en tête, c’est notre prochaine rencontre. Et, femme et gamin obligent, je n’ai aucune idée de quand ce sera.
Je rêvasse et je fantasme gaiement, perdue dans mon désir de lui. Il frôle ma cuisse avec le bout de son doigt. Tout juste un quart de huitième de seconde. Assez pour me faire exploser. Je ne croyais pas qu’un vingtième de dixième de câlin pouvait être orgasmique. Ça peut l’être. Et c’est drôôôôôôôôôôôôôôôôlement bon.
Pendant une semaine (femme et gamin encore…), mon corps n’en pourra plus d’attendre la suite. Le moindre frôlement de l’imperméable d’un illustre inconnu dans le bus me mettra dans tous mes états.

