Pudeurs

30.10.2006, 21:28
catégorie: expérimentation

Derrière son comptoir, le pharmacien a l’air bien embêté par l’ordonnance que je viens de poser devant lui. Il se gratte la tête, met sa main devant sa bouche, joue avec le morceau de papier.

Il est mignon, le pharmacien. mohawk châtain. Yeux clairs, perçants. Une certaine timidité. De longs doigts fins et effilés. Oumf.

Il finit par m’expliquer ce qui le fait tergiverser. Une question d’assurance qui couvre ou ne couvre pas l’ordonnance selon ce qu’on mélange ou pas les ingrédients (les programmes gouvernementaux d’assurances collectives, la joie…). Il me questionne sur les intentions de la docteure qui m’a fait la prescription.

Il ne me regarde presque pas, le pharmacien. Il regarde son comptoir, ses papiers, autour de moi et derrière moi. Mais pas moi. C’est dommage. S’il me regardait, il verrait le superbe sourire engageant que je lui réserve.

Il me rappelle ces étudiants à qui j’enseigne. Certains ont clairement le béguin pour moi. Mais, dès qu’il y a interaction entre eux et moi, balbutiements, hésitations, bégaiements et autres actes manqués sont au rendez-vous. Chez les étudiants, la chose ne me charme généralement pas. Le pharmacien, par contre, ça le rend drôlement sexy.

Je le zieute avidement pendant qu’il mélange la préparation. Il semble tout faire pour rester dos à moi. Mais je le surprends à me jeter des coups d’oeil furtifs dans un miroir qui devrait servir à prendre les voleurs la main dans le sac.

Il revient au comptoir avec mon ordonnance prête. Il m’explique le tour de passe-passe qu’il a réalisé afin que mes assurances paient pour le médicament. En long et en large. Toujours incapable de me regarder dans les yeux.

Je me penche au-dessus du comptoir et je prends délicatement son menton dans ma main et relève son visage vers le mien. Je pose un baiser sur sa joue, tout près de la commissure des lèvres. Je me rapproche de son oreille et je murmure un merci plein de reconnaissance. Je quitte la pharmacie, et le pharmacien rougissant, d’un pas léger.

Ça doit être un jour de pleine lune pour que je me laisse émouvoir par tant de naïveté et de timidité.


Lundi phylactère : se dresse

, 1:26
catégorie: lundi phylactère

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Exercice de style

29.10.2006, 13:54
catégorie: expérimentation

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Tout l’après-midi, j’ai fait l’amour avec un amant que j’apprécie beaucoup. Il est dans une autre province pour donner une série de conférences. Au cours de notre séance de clavardage, chaque ligne qui apparaissait à l’écran, qu’elle concerne ses recherches ou mon corps, m’amenait plus proche de l’orgasme. eSex d’intello.

Parfois, il se passait de longs moments avant que ses mots ne surgissent. Je ne sais à quoi ses mains étaient alors occupées. Peut-être prenaient-elles des notes pour la conférence qu’il donnera demain, peut-être parcouraient-elles son corps. Pendant ce temps, je prenais de longues inspirations, de celles qui font monter le désir d’un chakra à l’autre. eTantra.

Ce soir, je n’ai qu’une envie : danser. Danser mon désir, mon plaisir, mes fantasmes. Je me remémore les mots de l’après-midi, tant ceux qui me concernaient personnellement et coquinement que ceux que mon amant prononcera demain à l’université de Victoria. Les deux me plongent dans la volupté. Ses discours, tant théoriques qu’érotiques, sont une forme de ligotage de mon âme, mes fantasmes du moment y sont asservis.

Un peu plus loin sur la piste de danse, un regard se pose sur moi. Intense. Vif. Perçant. Sur sa bouche, des mots se dessinent, que je n’arrive pas à déchiffrer. Mais le mouvement des lèvres, le jeu de la langue, des dents : terriblement sexy. Flirt de bouche. Sans cesser de me regarder et en poursuivant son muet discours, elle enlève sa chemise. Son chandail, trempé de sueur, colle à se peau, révèle ses formes félines. Je me demande si, ce soir, j’aurais envie d’une femme.

La question ne m’occupe que quelques secondes. Des mains se sont posées sur mon ventre. Des mains fouineuses, curieuses. Un corps se plaque contre mon dos. Une bouche se pose près de mon oreille et me chuchote des choses salaces et lascives. Mon esprit est ligoté aux mots de mon amant de l’après-midi; mes yeux, à cette créature superbe qui danse un peu plus loin; mon corps, par les mains de cet (cette?) autre derrière moi. Je baigne dans ma cyprine.

Je me laisse bercer par les événements. Les mots lubriques qu’on me chuchote à l’oreille, je les pose sur les lèvres de la danseuse. Les mains qui parcourent mon corps sous mes vêtements, je les imagine être celles de mon amant intello. Quand je n’en peux plus, je pose les mains sur le bassin de l’autre derrière moi et je défais sa braguette. Un homme. Il recule. Je tourne la tête juste assez pour qu’il m’entende mais pas assez pour découvrir les traits de son visage. J’ai besoin qu’il demeure anonyme.

— Laisse-moi prendre ta bite dans ma main.

Son corps se replace tout contre le mien. Quand j’ai son membre bien en main, je relève ma jupe et le pose dans ma chatte. Nous baisons au rythme de la musique. J’ai à peine le temps de revenir de mon orgasme que ses mains et son corps se détachent de moi. Je regarde une dernière fois mon autre partenaire et je ferme les yeux pour danser encore.


Half-Nekkid Thursday 3

26.10.2006, 0:01
catégorie: half-nekkid thursday

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Lundi phylactère : Schopenhauer sexy

23.10.2006, 16:22
catégorie: lundi phylactère

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Fétiche

20.10.2006, 12:01
catégorie: aucune

Certaines, certains ont des préférences qui relèvent de l’apparence physique; d’autres, du sexe; d’autres encore, de l’accessoire. Moi, je donne dans le cerveau. Notamment, le cerveau qui a de l’esprit. Ça m’allume terriblement beaucoup. Je peux lire un programme de colloque comme d’autres parcourent les petites annonces personnelles ou perverses : je trépigne sur ma chaise, ma température corporelle s’élève dangereusement, mon autre coeur se met à battre très vite.

Certaines, certains font des concessions pour un corps sans faute. Devant un corps parfait adjoint à un visage ingrat, un ami plutôt cynique a pour devise : tu lui mets un drapeau dans la face et tu baises pour la patrie. Ah, le nationalisme. Moi, je suis prête à sacrifier le corps et le visage pour la tête. Pourvu que ladite tête soit un tantinet lubrique, en fait.

Sur une piste de danse bondée et dans une atmosphère on ne peut plus bruyante, on m’a déjà décliné les dix types de signes peircéens. J’ai fondu. Littéralement. Il a fallu me retenir à quatre mains pour que je ne copule pas sur place avec le cerveau en question. Nous avons bien entamé les préliminaires dans le taxi. La course aurait été un peu plus longue, nous aurions consommé en route.

Oumf d’intello.


Half-Nekkid Thursday 2

19.10.2006, 0:01
catégorie: half-nekkid thursday

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Montréal-Londres

13.10.2006, 9:28
catégorie: aucune

Si j’étais une athlète de haut niveau, ou un star du cinéma, je serais en première classe. Seulement, voilà, je suis une intello. On m’a invitée pour une conférence. On paie mon billet d’avion, je dormirai sur le divan d’un prof de là-bas. Le reste est à mes frais. J’y vais tout de même de bon coeur parce que j’adore Londres, et que c’est une nouvelle occasion de déambuler dans ses quartiers hétéroclites et bigarrés.

C’est ce moment du vol où les lumières sont tamisées. Nous avons été nourris de mets insipides, enivrés de vin fade et divertis avec un mauvais film, maintenant, nous sommes réputés dormir pendant que l’Atlantique défile sous nous. Je gribouille quelques notes sur un bout de papier. Mon corps refuse de dormir dans un espace aussi compact et encore trop vertical à son goût.

Je me lève pour aller au petit coin. Dans l’allée, je dois me faire minuscule parce qu’un autre passager vient en sens inverse. Bien sûr, c’est le moment où les turbulences décident de se faire sentir. Elles sont ténues, mais tout de même. L’autre passager et moi-même avons le même réflexe : attraper le bras de l’autre pour prévenir une chute possible. Nos regards se croisent. Il tient toujours mon bras, très sensuellement.

Are you okay?

L’accent britannique. Oumf.

— Oui, merci.

Je souris coquinement et poursuis mon chemin.

À mon retour, j’aperçois le Britannique qui siège à la même rangée que moi, de l’autre côté de l’allée. Ses yeux délaissent son bouquin et sa bouche m’offre un sourire entendu.

Je reprends ma place, ma plume et mes papiers. Coup d’oeil discret vers mon voisin : il me regarde. Retour à mes notes. Nouveau coup d’oeil furtif : il me regarde toujours. Intensément. J’ajoute quelques mots à une idée confuse. Je me sens observée, scrutée, fixée.

Je me tourne vers lui et mon regard est retenu par un mouvement subtil qui s’élabore sous la couverture qu’il a posé sur ses jambes. Il se caresse. À deux mains. En me regardant, en me souriant. Mon regard se braque sur le sien et ne le quitte pas. Je déplie la couverture qui m’a été allouée et la pose sur moi. Mes mains s’attardent quelques instants sur ma poitrine, mais vont très vite rejoindre mon con qui baigne déjà sans sa cyprine. Pendant de longs moments, nous nous caressons sous notre couverture respective en nous regardant droit dans les yeux. C’est intense. Très. L’insouciance des autres voyageurs, somnolents, endormis ou indifférents, ajoute à mon plaisir. Je retiens mes cris mais je jouis intensément. Il vient lui aussi dans un silence qu’on sent difficilement contenu.

Pour la première fois dans un avion, je dors. Je me réveille quand un agent pose un plateau de déjeuner sur ma table. Mes mains sont entre mes cuisses, collées sur ma chatte repue et gavée.


Sortie de secours

12.10.2006, 21:26
catégorie: aucune

Quand j’entre dans l’ascenseur, il sourit. En appuyant sur le bouton qui porte le numéro de mon étage, je réciproque. Parce que, après tout, il est mignon et que flirter est un exercice que j’aime bien pratiquer. Les portes se referment, et les vannes s’ouvrent. Il se met à me débiter ineptie après ineptie. Mon sourire poli dure trois étages. Après, mes yeux se posent, plein d’espoir, sur les chiffres au-dessus des portes et ma patience considère l’épreuve particulièrement rude.

Entre le onzième et le douzième, l’ascenseur s’arrête inopinément. Les inepties coulent toujours de sa bouche, pourtant si sensuelle. Je soupire. Nouvelles inepties. Je soupire de nouveau. Autres inepties. L’ascenseur est stoïque. Obstinément stoïque. Les inepties s’accumulent toujours. J’ouvre le compartiment et m’empare du téléphone d’urgence. Le gardien de l’immeuble n’a pas, pour moi, de bonnes nouvelles.

— J’suis désolée, ma p’tite madame, va falloir que j’appelle le réparateur, et ça risque de prendre un moment.

Le torrent d’inepties ne tarit pas. Je ferme les yeux, masse mes tempes. Mais faites-le taire, par pitié! Malheureusement, dans cette cabine, il n’y a que lui et moi. Personne pour me secourir. Coincée là, pour une période indéterminée, avec le verbo-moteur.

Alors je l’embrasse. À pleine bouche. Pendant quelques secondes, sa gorge tente encore d’émettre quelques sons, puis elle renonce. Une fois l’étonnement et la surprise initiale digérés, il se prête à l’exercice. Avec beaucoup d’habileté, d’ailleurs. Je dirais même une certaine maîtrise. En fait, après quelques minutes : une maîtrise très certaine, voire, mature et provocante. Je n’ose décoller mes lèvres des siennes, de peur qu’il ne se remette à parler.

Ses mains gambadent joyeusement sur mon corps. Je réciproque avec les miennes sur le sien. Il soulève ma jupe. Mille frissons me traversent. Sans jamais cesser de l’embrasser, doucement mais fermement, je l’agenouille, puis l’assieds, et finalement l’étends de tout son long sur le plancher de l’ascenseur. Ma bouche délaisse la sienne, mais il a à peine le temps de reprendre son souffle que je m’installe à califourchon sur son visage. Ses lèvres embrassent mes nymphes et leurs consoeurs, ses dents mordillent mon clitoris, sa langue chatouille l’entrée de ma chatte avant d’aller fouiner curieusement à l’intérieur. Je me délecte, me régale, me repais. L’animal sait drôlement bien user de sa langue quand il ne s’agit pas de produire un verbiage inbuvable.

Je viens alors que l’ascenseur se remet en marche. À l’étage suivant, quand les portes s’ouvrent, je hurle de plaisir. Le réparateur en échappe sa boîte à outils. Je me relève, mets de l’ordre dans mes vêtements, sert la main du réparateur et le remercie chaleureusement de nous avoir sortis du pétrin. Je souris à l’animal, qui reprend son souffle, et pars très vite, avant qu’il ne se transforme de nouveau en monstre à paroles.


Half-Nekkid Thursday 1

, 19:06
catégorie: half-nekkid thursday

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