Rite de passage
Je suis de retour depuis quelques jours maintenant. Et, depuis quelques jours maintenant, mon mec me tient à distance.
C’est toujours comme ça quand je pars plus de deux jours. À la surface, comme ça, il a l’air content de me revoir quand je reviens. Mais une partie de lui me traite comme si je l’avais abandonné.
Je me suis habituée à cette réaction d’animal pas tout à fait apprivoisé. C’est vrai que mes départs sont presque des ruptures. J’aime partir et tout laisser derrière, ne pas donner de nouvelles, ne pas envoyer de carte, ne pas passer de coup de fil. Un bout de liberté que je fauche, que je dérobe à ma vie, oubliant toutes attaches, tous liens.
Je suis de retour depuis quelques jours maintenant, après plusieurs semaines d’absence, et mon mec fait l’animal effarouché.
Je fais comme j’ai toujours fait dans ces cas-là. Je le réapprivoise petit à petit, un jour à la fois. Avant-hier, en allant le rejoindre au lit, je lui ai donné des bisous, sur le front, sur la joue, sur l’oreille, dans le cou. Je lui ai laissé son côté du lit et je me suis endormie de mon côté, gentiment. Hier, j’ai attendu qu’il soit plongé dans un demi-sommeil, et j’ai embrassé son corps avec le mien. Pas trop longtemps. Juste assez pour que la chaleur de nos deux corps se fasse sentir.
Ce soir, il est au lit avec un bouquin. Je prends un livre et je m’installe à ses côtés. Après quelques instants, je glisse une main vers sa cuisse. Je la caresse en poursuivant ma lecture. Je m’aventure vers sa hanche, son ventre, son torse, son bras. Un début de sourire s’affiche sur son visage. Je pose mon livre et m’occupe de son corps à deux mains. Puis je m’assois sur ses cuisses. Je lui prends son livre des mains, le pose sur la table de chevet. Je le regarde avec tendresse, et j’attends que son demi-sourire se transforme en sourire complet. Je l’embrasse, longtemps, mes mains entourant sa mâchoire. Ses mains finissent par se poser sur mon corps, par m’attirer contre lui.
On fait durer le plaisir des baisers comme un jeune couple, éternellement. Puis il prend mes hanches, les soulève, et pose sa bite dans ma chatte. Ça fait plusieurs jours que j’ai terriblement envie de lui, de sa verge, de son corps, de ses caresses, de ses lèvres. Je jouis presque immédiatement, sans flafla, tranquillement, dans le silence. J’ajuste le mouvement de mon bassin au mouvements du sien, et je laisse venir les orgasmes les uns à la suite des autres. Et je ne cesse de l’embrasser.
Ça me rappelle la première fois que nous avons fait l’amour ensemble. Simplement, tendrement. Parce qu’on ne se connaissait pas vraiment. Parce qu’on découvrait petit à petit le corps, l’envie, le désir de l’autre. Ça me donne presque envie de repartir. Juste pour goûter, au retour, cette réappropriation de notre territoire commun.

