Zone érogène VIII : Memoria
J’arrive à jouir juste en pensant à lui, en me remémorant ces nombreux souvenirs frusquins… mes doigts qui glissent amoureusement sur son crâne… ses mains qui se resserrent fermement sur les miennes… nos lèvres qui s’emmêlent impétueusement… mon corps qui vibre contre le sien… nos bassins qui se rejoignent… ses bras autour de ma taille… sa bite dans mon con… la lenteur de nos mouvements… le rythme de nos souffles… la langueur du temps… la force du désir… oumf… mmmmmmmmm…
InstantS (25 janvier — 24 février 2008)
À partir du 25 janvier, je participerai à la série InstantS, initiée par Annie Abrahams dans le cadre de la revue Web de création contemporaine Panoplie.org.
Description de la série, tirée du site de Panoplie.org :
« Pendant un mois un invité utilise son portable et/ou ordinateur pour envoyer du texte au site de panoplie.org. Le dernier texte envoyé est instantanément visible sur la première page du site.
A l’invité de décider comment il utilisera cet outil, cette présence par l’instant.
La totalité des textes envoyés par l’invité formera son InstantPortrait.
Ce projet, proposé par Annie Abrahams, est dérivé du projet Instants RSS de Nicolas Frespech, dans lequel Nicolas détourne un fil RSS* pour comme il le dit lui-même “vous envoyer des pensées, des morceaux de ma journée, des éléments, des liens hypertextes, tous ayant comme sujet l’heure très précise à laquelle cette information a été envoyée.”
*Un flux RSS ou fil RSS (”RSS feed” en anglais), sigle de Really Simple Syndication (souscription vraiment simple), ou de Rich Site Summary (Sommaire d’un site enrichi) est un format de syndication de contenu Web. Ce système permet de diffuser les nouvelles des sites d’information ou des blogs, ce qui permet de rapidement consulter ces dernières sans visiter le site.
http://fr.wikipedia.org/wiki/Really_Simple_Syndication »
Les héros de mon enfance
Je cogne à la porte de Pinpon. Il ouvre. Je souris. Il lève un sourcil. Nous n’avions pas rendez-vous. Je précise.
— Je m’ennuyais.
— Welby, tu t’ennuyais de moi ou tu t’ennuyais tout court?
— Ça fait une différence?
— C’est toujours charmant de se savoir désiré.
— Alors je m’ennuyais terriblement de toi, et un peu tout court. ;-)
— Allez, entre!
— Tu étais occupé?
— Pas vraiment. Je regardais un film.
— Lequel?
— Un manga porno japonais.
— Curieuse, je suis. On regarde ensemble?
— Avec plaisir.
À l’écran, des personnages qui ressemblent drôlement à ceux des samedis matins de ma petite enfance. De grands yeux vibrants, des petits nez retroussés, des bouches fines et délicates. Un des personnages ressemble à Elisa, la méchante dans Candy. Je me souviens des copines qui fantasmaient sur Anthony. Moi, je préférais le ténébreux et balafré Albator. Ai toujours eu un faible pour les mauvais garçons. Je me perds dans des rêveries nostalgiques.
Quand je reviens à la réalité, le film en est au générique, Pinpon se branle. Il me jette un regard.
— Ça ne t’allume pas?
— La porno, ça m’allume toujours physiologiquement à un moment ou à un autre. Mais les clichés du genre — gros seins, gros pénis, pubis et corps complètement glabres, le foutre dans la figure, etc. — finissent nécessairement, et plus souvent qu’autrement rapidement, par m’éteindre.
Pinpon jouit. Puis me regarde, souriant.
— Va falloir remédier au problème.
— Remédier au problème? Pinpon, des films pornos, j’en ai vu des tonnes. Pas un n’a réussi à retenir mon attention et mon excitation plus de quelques minutes. Des films tels que A Room with a View et Conversation(s) with Other Women éveillent en moi plus de désir que n’importe quel film XXX.
— Je vais trouver quelque chose, compte sur moi.
Pinpon, il va falloir que tu te lèves de bonne heure…



