Épreuve de tournage
Je passe la soirée avec Pinpon. On regarde les rushs de notre soirée film porno amateur. Il tourne la tête vers moi:
— Alors?
Dans l’une des prises de vue, mon épaule, qui monte et descend, apparaît dans le coin inférieur droit du cadre. On entend bien ma respiration saccadée, les mmmmmmm de Pinpon, mais on ne voit pas mon corps dressé glorieusement et jouissivement sur le sien.
Dans une autre prise de vue, les muscles de l’avant-bras de Pinpon sont férocement bandés. Il manque les images de sa main fermement posée sur ma hanche, de ma bouche béante, muette de plaisir de désir et d’envie.
Raconte-moi une histoire…
Il se penche par-dessus mon épaule et jette un oeil sur l’écran.
— Qu’est-ce que tu fais?
— J’écris une histoire.
— Érotique?
— Bien sûr.
— Je peux lire?
Je lui laisse le fauteuil. Il s’installe, commence à lire. Je me pose derrière lui, les mains sur les accoudoirs, la bouche tout près de son oreille. Et je lui fais la lecture. Je sens plus que je ne vois un sourire s’installer sur son visage. Mes mains se posent sur ses avant-bras, remontent le long de ses bras, caressent ses épaules, redescendent, passent aux cuisses, à l’entrecuisse. Sa verge vibre sous mes doigts. Ma voix devient murmure. Il ferme les yeux, passe la langue sur ses lèvres. Il n’y a plus de mots à lire. J’improvise la suite…
Cartographie
Mon mec rentre tard du boulot.
Il me trouve assise en tailleur, nue, sur notre lit. Plume à la main. Corps tatoué.
— Victoria?
Je souris abondamment. Retourne au mot que j’étais sur le point de finaliser.
Mon mec accroche son veston au dossier de la chaise, défait sa cravate. Il est drôlement sexy, en costard. Et encore plus quand il commence à se défaire dudit costard. Il me regarde avec un air coquin. Je consens à m’expliquer.
— Tu m’as manqué.
— Et?
— Et je me suis mise à m’imaginer tout ce que j’aurais envie que tu me fasses quand tu rentrerais.
— Mais encore?
— J’ai eu peur d’oublier les détails, je me suis dit que je devrais les noter en t’attendant.
Lieu VIII : Hilton
Après une longue journée à écouter des communications aux qualités variables, après une longue soirée de présentations d’artiste allant du très impressionnant aux sortez-moi-d’ici-avant-que-je-ne-meurs-d’ennui, nous relaxons autour d’une bouteille de vin dans le bar de l’hôtel.
Je vais au petit coin et, quand je reviens à la table, le Torpilleur s’est joint au groupe.
Je fige. Une partie de moi veut faire demi-tour et monter à sa chambre sans demander son reste. Le Torpilleur est un type insupportable. Vraiment. Insupportable. Très.
Une autre partie de moi veut monter à sa chambre à lui et baiser à tout rompre.
Il est insupportable mais il m’allume. Terriblement. Mon corps veut, désire, réclame son corps.

