Cartographie
Mon mec rentre tard du boulot.
Il me trouve assise en tailleur, nue, sur notre lit. Plume à la main. Corps tatoué.
— Victoria?
Je souris abondamment. Retourne au mot que j’étais sur le point de finaliser.
Mon mec accroche son veston au dossier de la chaise, défait sa cravate. Il est drôlement sexy, en costard. Et encore plus quand il commence à se défaire dudit costard. Il me regarde avec un air coquin. Je consens à m’expliquer.
— Tu m’as manqué.
— Et?
— Et je me suis mise à m’imaginer tout ce que j’aurais envie que tu me fasses quand tu rentrerais.
— Mais encore?
— J’ai eu peur d’oublier les détails, je me suis dit que je devrais les noter en t’attendant.
Il s’approche, regarde le tout de plus près. Je lui montre un doigt. «Doigt 1. Caresser, embrasser, lécher.» Il sourit. Je lui en montre un autre. «Doigt 2. Embrasser, lécher, caresser.» Il embrasse, lèche et caresse mon doigt. Puis s’empare de la plume. Écrit «mmmmmmmmmmmmmmmmm». Frissons partout sur mon corps. Je lui montre le bout de ma peau qui recouvre un de mes os iliaques. «Mordiller gentiment.» Ce qu’il fait. Puis écrit «miam». Frémissements charmants.
— Et là, de quoi s’agit-il?
Il y a un long texte sur mon ventre. Où il est question de la façon dont j’aimerais qu’il s’occupe de mon dos. Avec une flèche.
Ses lèvres se posent au bout de la flèche et suivent son orientation. Il pose des baisers de chaque côté de ma colonne, le long de mes flancs. Ses mains se posent fermement sur ma chair, dévalent mon corps, l’enveloppent, le manœuvrent. Il m’étend sur le ventre, se pose sur moi, met sa bouche tout à côté de mon oreille.
— Et maintenant?
Je lui montre mon avant-bras. Y sont inscrits des mouvements, va-et-vient, battement, à-coups… et des variations, soyeux, généreux, ambitieux… Il soulève son bassin un tantinet, passe une main pour défaire sa braguette et enfiler sa bite dans ma chatte. Roulements de tambour tonitruants.
Quand nous avons joui plus d’une fois tous les deux, il s’empare de la plume que nous avions abandonnée et trace des lettres dans mon dos. Il refusera de me faire la lecture de ses écrits post coïtum et les effacera avant que je ne puisse me pointer devant une glace. Je devrai me fier à ma perception et à ma mémoire charnelles pour décoder et reconstituer des fragments de son discours amoureux.


Première visite chez vous, j’ai adoré ce texte plein de malice et de beauté.
Je repasserai, c’est écrit, là dans mon petit carnet.
Commentaire de Maître Décadent — 4.08.2008, 8:03
Merci pour le compliment, c’est apprécié. J’irai visiter votre page, que je ne connais pas encore… :-)
Commentaire de Victoria Welby — 4.08.2008, 9:46
Faites moi un petit signe quand vous passerez
;o)
en attendant… si je construit un petit pont entre vos pages et les miennes… cela vous embête ?
Commentaire de Maître Décadent — 5.08.2008, 7:36
Je ferai signe, c’est certain. Et les ponts ne m’embêtent pas du tout…
Commentaire de Victoria Welby — 5.08.2008, 7:51
Alors je me change, je troque le costume pour un vieux jean taché de peinture blanche, le torse nu et armé de ma truelle et ma brouette, me voilà prêt pour jouer aux maçons.
Commentaire de Maître Décadent — 5.08.2008, 11:39
Torse nu, hein? Vieux jeans, hum. Jouer au maçon. Mmmmmmmmmmmmmm… ;-)
Commentaire de Victoria Welby — 5.08.2008, 11:45
Le pont est construit, mais ne rêvez pas trop la réalité n’est pas aussi sexy que l’image elle même
rires
allez zou je me sauve
Commentaire de Maître Décadent — 5.08.2008, 12:08
Mais c’est bien pour ça qu’on écrit de la fiction, non???
Commentaire de Victoria Welby — 5.08.2008, 21:29
ah vi… j’avais oublié
rires
Commentaire de Maître Décadent — 6.08.2008, 4:28
J’adore la légèreté de ton écriture et l’originalité de tes textes!
Commentaire de L'abricotière — 25.08.2008, 18:51
De nouveau, merci!
Commentaire de Victoria Welby — 25.08.2008, 18:57