Mystère

28.02.2009, 10:22
catégorie: 007, le torpilleur

J’ai cherché ma culotte partout. Je ne l’ai pas trouvée. J’ai cherché sous mon bureau. Pas trouvée. Dans mon sac. Pas trouvée. J’ai même cherché dans tous les tiroirs. Des fois que, entre le Torpilleur et Seth, j’aie assez perdu la tête pour ranger ma culotte dans un tiroir. Pas trouvée. Grrrrrrrrrrrr.

J’espère seulement qu’elle est bien cachée. Je ne saurais comment réponde à une auteure, un auteur qui la pointerait du doigt avec un regard interrogatif.


Gontran

25.02.2009, 18:46
catégorie: 007, le torpilleur

Je le rejoins à L’Opéra Bar. On se fait la bise, s’assoit. En moins de deux, un garçon est à notre table.

Anything else, Mister Green?

Monsieur Green?

Gontran indique du doigt son verre de vin.

Another one of these for the lady, thank you.

Right away, sir.

Je suis perplexe.

— Gontran, je…

— Seth, appelez-moi Seth.

Avec un accent américain.

— Je ne comprends…

Vlad-Gontran-Seth m’interrompt en m’embrassant: le serveur dépose un verre de vin devant moi.

— J’aimerais bien sav…

(suite…)


Phénoménologie

, 16:46
catégorie: 007, le torpilleur

Ses lunettes traînent presque sur le bout de son nez. Il me regarde par-dessus, la tête légèrement penchée sur la droite. Il a un sourire amusé.

Son manuscrit est posé entre nous deux. Il est couvert de commentaires. Écrits à l’encre rouge. Je tourne les pages et je lui explique chacune de mes remarques, la nécessité de changer telle tournure de phrase, de donner des exemples plus parlants ici, de resserrer l’argument là.

Son pied se pose à l’intérieur de mes cuisses. Je poursuis ma critique. Son pied glisse vers ma chatte, s’y presse, insistant. Je ne démords pas de mes arguments.

— Vic, enlève ton pantalon.

C’est à peine si je lève un sourcil. Je remets en question son interprétation d’un philosophe américain. Je détache ma ceinture. Lui explique qu’il utilise mal ce concept en particulier. Je défais le bouton de mon pantalon. Disserte sur la nécessité de tenir compte des catégories phénoménologiques qui sous-tendent l’application dudit concept. Je descends la fermeture à glissière. Lui rappelle la fonction et les usages desdites catégories. Enlève mon pantalon. Je cite des exemples.

(suite…)


Le retour du refoulé

23.02.2009, 10:13
catégorie: le torpilleur

Quand je suis arrivée ce matin, il y avait un manuscrit sur mon bureau. C’est un essai littéraire abscons. C’est comme cela que la patronne me l’a présenté la semaine dernière, et c’est pour ça qu’elle me le refile à moi. Je l’ai déplacé un peu brusquement pour pouvoir poser mes choses à moi, une note en est tombée.

Très chère Tori,

J’étais certain que nos chemins allaient se recroiser un jour.

Pas de signature. C’est inutile. Il n’y a que le Torpilleur qui m’affuble de ce surnom détestable.

J’ai gardé la note dans ma main. Je me suis assise.

Je suis toujours assise, j’ai toujours la note dans la main. Je l’ai relue je ne sais plus combien de fois. Pour rien, comme ça. Ma chatte s’est engorgée. Mon bas-ventre, malgré toutes mes protestations rationnelles, sensées et raisonnables, s’est enflammé.

Je prends le téléphone et j’appelle le Torpilleur. Je fixe un rendez-vous avec lui plus tard cette semaine question de discuter de son manuscrit. Il me fait le coup de la conversation tout ce qu’il y a de plus professionnelle. Tout juste s’il ne me vouvoie pas.

Et ça me triture. J’aurais envie qu’il me susurre ses insanités d’homme trop sûr de lui, ses sottises de don juan intello à la noix. En moins de trois, j’aurais un orgasme.

Au lieu de cela, il me lance un «à très bientôt, donc» très poli, cordial, et raccroche.

Je reste là un bon moment, le combiné dans une main, sa note dans l’autre, mon désir en désordre et frustré.