Officier
Le type est derrière son kiosque à l’autre extrémité de la salle. À première vue, il n’a rien d’attirant. Vraiment. Rien. Même qu’il porte l’uniforme militaire. Ce qui, normalement, me rebuterait.
Mais mon regard insiste et retourne se poser sur le personnage. Il cause avec des gens mais, régulièrement, il jette un coup d’oeil dans ma direction.
Dans ses yeux, il y a un désir à la fois brut et candide. Sans médiation. Sans flafla. Pas de scénario, pas d’attentes. Juste du désir. Pur et dur.
Ça s’installe dans mes tripes, dans mon bas-ventre, sans passer par mon cerveau ou par ma conscience. J’ai envie de ce type. Ici. Maintenant.
Les gens me posent des questions. Je réponds tant bien que mal. Je penche la tête pour apercevoir son profil au dessus de leurs épaules. Les jeux de regard, entre lui et moi, sont de plus en plus intenses. Et je mouille ma culotte comme ce n’est pas permis.
Pendant que je raconte les mérites littéraires de telle auteure, je prépare mon approche. Je me glisserai derrière lui, collerai ma bouche contre son oreille. Je lui donnerai l’adresse de l’hôtel et le numéro de la chambre. Avec, comme consigne, de ne pas dire un mot. Pas un. Ceci est une histoire de cul. Par essence purement charnelle, lubrique. sexuelle.
Après avoir remballé ma marchandise, je m’apprête à mettre mon plan à exécution. Mais son kiosque est désert. Ses collègues et lui ont déjà quitté. Intense frustration. Très, très intense frustration.
Dans la voiture, en route vers Montréal, je cultive ma capacité d’abnégation. Peine perdue. Les images du militaire ont envahi mon imaginaire et refuse de le quitter.
Arrivée à Montréal, j’appelle la seule personne qui puisse calmer mon corps et mon esprit.
— Pinpon.
— Victoria?
— Un uniforme militaire, tu as?
— Euh, oui.
— Je t’attends.
— Tant que ça?
— Tant que ça.
— Des demandes particulières?
— Tu ne dis pas un mot. Tu as envie de moi. Follement. Diablement. Infiniment. Tes yeux ne quittent pas les miens. Pas une seule seconde. Ceci est purement charnel, animal.
Je peux presque l’entendre sourire au téléphone. Il raccroche sans dire un mot de plus.


Pas cochon. Pas tendre. Du pur désir comme j’en ai pris en lisant cette note.
Commentaire de Thygo — 24.10.2009, 0:20
Bien contente d’apprendre que aventures vous offrent un peu de plaisir!
Commentaire de Victoria Welby — 24.10.2009, 5:46
bonjour, je découvre par hasard,et j’aime beaucoup ^^
Commentaire de Canelle — 24.10.2009, 8:12
Fort heureuse de l’apprendre!
Commentaire de Victoria Welby — 24.10.2009, 9:49
Je ne sais pas si cela existe mais un préservatif kaki ou camouflage serait parfait.
Commentaire de Prax — 24.10.2009, 11:08
Ça mettrait trop l’accent sur l’uniforme… ;^)
Commentaire de Victoria Welby — 24.10.2009, 12:12