Bouchon
Je suis coincée dans un trafic intense. Rien ne bouge, si ce n’est quelques mètres aux quelques minutes. J’ai beau m’impatienter, la situation est ce qu’elle est.
Je parcours les différents postes de radio à la recherche de quelque chose de décent. Je trouve. J’écoute.
Puis viens une pub. Des forces armées canadiennes. Et me voilà replongée dans mon délire viscéral d’hier. Je pense au militaire. Et je fonds. Et je mouille ma culotte.
Le trafic est toujours aussi intense. Tout est toujours aussi immobile autour de moi. Je m’immerge dans un univers fantasmatique.
J’imagine la chambre d’hôtel. Le coup de fil de la réception pour m’aviser que j’ai un visiteur. Je demande à ce qu’on l’invite à monter à ma chambre. J’ouvre la porte et je m’installe sur le fauteuil, pleine de désir et d’envie.
Il entre et referme la porte derrière lui. Il a toujours ce regard avide, profond. Je glisse une main dans mon pantalon. La paume de ma main est sur mon clitoris, pressante, insistante, roucoulante. Mes doigts glissent le long de mes nymphes.
Sans me quitter du regard, le militaire enlève ses vêtements. Il les plie soigneusement et les place un à un sur la commode.
J’insère un, puis deux doigts dans ma chatte. Les glisse lentement de haut en bas le long de la paroi antérieur de mon con. Délice et extase.
Le militaire s’agenouille devant moi, enlève mes bottes, mon pantalon, ma culotte. Ses yeux de braise me happent, m’hypnotisent.
Il me soulève et me porte vers le lit. Je sens la fermeté de sa bite contre mes cuisses. Mes doigts provoquent toujours en moi des secousses enivrantes.
Il s’étend sur le dos et me pose par-dessus lui. Je tends la main vers la table de chevet et récupère un condom. Je le lui enfile d’une main. Je caresse ses couilles, son périnée. Ma cyprine coule sur ses cuisses.
Je pose mes deux mains sur son torse et j’installe mon sexe juste au dessus du sien. Très lentement, je descends mon bassin. Ma chatte se contracte autour de son gland. Le militaire mord sa lèvre inférieur, roule un peu de l’oeil, mais garde son regard planté dans le mien.
Quand nos bassins sont bien collés l’un à l’autre, je me penche vers l’avant. Mon torse vient s’étendre contre le sien, mes jambes s’étirent le long des siennes, nos mains se rejoignent, nos bras s’étendent au-dessus de nos têtes. Nos corps se mettent au diapason. La va-et-vient subtil de son bassin répond au mien. Nous ne nous embrassons pas. Nos visages sont à quelques centimètres l’un de l’autre.
Je me perds dans son regard. Et je jouis bruyamment. Plusieurs fois.
Je reviens à moi en entendant quelques coups de klaxons. Ma main gauche est dans ma culotte; ma main droite est appuyée au toit de la voiture. Je crois que j’ai crié. Fort. Un moment d’égarement. Je n’ose pas regardé autour de moi.
Si j’osais, je verrais plusieurs voitures immobiles. Devant, derrière, sur les côtés. Des conductrices, des conducteurs me regarderaient avidement. D’autres seraient en train de prendre leur pied dans leur véhicule. Plusieurs auraient mis en marche leur feux de détresse.


Je crois que je bande. Deuxième note que je lis de toi et je ne suis pas déçu.
Commentaire de Thygo — 24.10.2009, 21:59
Quand tu banderas pour de bon, on s’en reparlera. ;^)
Commentaire de Victoria Welby — 24.10.2009, 22:32
“Je n’ose pas regarder autour de moi”, c’est ce type de petite phrase (dans le contexte) qui fait que je reviens toujours lire chez toi. Ou comment passer d’un texte de cul à un texte littéraire. Bref, ceci est un compliment.
Commentaire de Prax — 25.10.2009, 3:09
Eh bien, m’sieur Prax, la littéraire lubrique que je suis te salue bien bas et te remercie pour ce commentaire élogieux!
Commentaire de Victoria Welby — 25.10.2009, 9:08