Quatrième feu de circulation: rouge
Mes mains cherchent ses jambes, fouillent entre ses cuisses, glissent à l’intérieur des genoux. Le feu passe au vert.
Troisième feu de circulation: rouge
Il pose sa main gauche sur ma cuisse. Il tremble. Ça me fait oublier les vrombissements du moteur. Un frémissement traverse mon corps; sa timidité me trouble, me laisse émue. Il s’engage de nouveau sur la route.
Deuxième feu de circulation: rouge
Des tonnes de piétons traversent la rue devant nous. Heure de pointe. On se dépêche de rentrer chez soi, de retrouver son petit nid douillet, d’oublier la journée de boulot. J’enserre plus étroitement son corps, mes jambes de chaque côté des siennes, mes bras autour de sa taille. Son pied quitte le sol et se pose sur l’accélérateur.
Premier feu de circulation: rouge
Il tourne la tête vers la droite, semble regarder dans le vide. «Ça va, t’es confortable?» «Oui oui.» Sourires. Il redémarre.
Intersection routière: arrêt
Il arrive sur sa machine. On s’est donné rendez-vous, c’est ici qu’il passe me prendre. Il arrête, pose les pieds sur le sol, me sourit. Je souris en retour, enjambe sa machine, m’accroche solidement à son corps; nous partons.

