Instantané X
Quand je jouis, sa langue fouine encore dans ma chatte, sa barbe racle toujours mon entrecuisse et ses cheveux chatouillent encore divinement mes cuisses; si j’avais à choisir, je ne sais si je pencherais pour ses crins ou sa langue.
Instantané IX
Quand je jouis, mon mec est déjà en train de jouir en moi, ses coups de rein sont causés par ceux de notre amant du moment qui le prend par derrière, ses mains accrochées à mes hanches à moi.
Instantané VIII
Quand je jouis, nos regards sont accrochés l’un à l’autre, dans ses yeux noir ébène, je lis le désir, l’envie, la passion, la soif, l’avidité, la voracité, intacts, purs, entiers, je force mes paupières à demeurer ouvertes, mes yeux, à rester braquer sur les siens, parce que son regard de fauve m’allume comme ce n’est pas permis.
Instantané VII
Quand je jouis, j’ai les deux mains dans le tartare de thon; mon mec est arrivé du boulot en retard, je préparais la bouffe pour les copines, copains qui viennent manger à la maison, il s’est posé derrière moi pour dire bonsoir et me faire la bise, j’ai eu instantanément envie de lui, lui ai dit, il a relevé ma robe, a posé ses mains sur mes hanches, a enfilé sa bite dans ma chatte, mmmmmmm, on s’est offert une petite vite particulièrement intense; je n’ose pas bouger, sa présence en moi est délicieuse, je veux en profiter encore pendant les quelques minutes qui nous restent avant que ne retentisse la sonnerie de la porte d’entrée.
Instantané VI
Quand je jouis, tout est noir autour de moi, mon mec a refermé la porte du camion de déménagement, mes fesses sont accotées sur un bahut, les copains, copines s’occupent des boîtes, des meubles qu’on a posés sur le trottoir, j’ai un brin d’empathie pour elles et eux qui travaillent encore alors qu’on me fait — très charnellement — ma fête, mais je ne cesse de gémir, et mon homme chuchote à mon oreille, à chaque coup de reins, « bon anniversaire ».
Instantané V
Quand je jouis, dans une voiture de métro remplie de voyageuses et de voyageurs exaspérés, je suis en train d’exercer mon muscle pubo-coccygien — rien de telle que lesdits exercices de Kegel pour se divertir d’une foule trop présente —; j’arrive à étouffer presque complètement un cri de plaisir intense, seule une adolescente curieuse remarque mes joues rouges et mon regard réjoui.
Instantané IV
Quand je jouis, je ne sais qui est dessus, qui est dessous, je sais seulement le battement de mon corps face au sien, mes jambes serrées face aux siennes tout aussi serrées, nos bras le long de nos flancs traversant à peine le manque d’espace entre nous pour s’accrocher à la peau de l’autre.
Instantané III
Quand je jouis, le combiné du téléphone me tombe de la main, mes cris couvrent presque le son de sa voix à lui, qui, dans une cabine téléphonique quelconque du centre-ville, me raconte tout ce qu’il me ferait s’il pouvait être à mes côtés en ce moment.
Instantané II
Quand je jouis, je suis à califourchon sur son visage, mon front et mes paumes pressent le mur devant moi, ma cyprine coule le long de ses joues, un filet de salive quitte mes lèvres et se pose sur sa tempe.
Instantané I
Quand je jouis, il est derrière moi, sa bite entre mes fesses, ses mains sur mes seins, je tiens une godemiché dans ma chatte et je presse mes doigts sur mon clitoris.

