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	<title>victoria w &#124; victoria welby &#187; aucune</title>
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	<description>Journal érotique. Parfois réaliste, parfois fictif, parfois fantasmatique.</description>
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		<title>De père en fils</title>
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		<pubDate>Fri, 30 Oct 2009 23:50:11 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Victoria Welby</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Je les rencontre au coin des rues Saint-Laurent et Sainte-Catherine. Ils cherchent le Belgo. Je propose de marcher avec eux, puisque j&#8217;y vais aussi.
On papote à propos de tout et de rien. Ils sont en voyage. Le père doit avoir la mi-quarantaine; le fils, début vingtaine. Le fils fait sciences po; le père tient librairie.
On [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Je les rencontre au coin des rues Saint-Laurent et Sainte-Catherine. Ils cherchent le Belgo. Je propose de marcher avec eux, puisque j&#8217;y vais aussi.</p>
<p>On papote à propos de tout et de rien. Ils sont en voyage. Le père doit avoir la mi-quarantaine; le fils, début vingtaine. Le fils fait sciences po; le père tient librairie.</p>
<p>On se quitte au cinquième étage du Belgo avec des salutations chaleureuses.</p>
<p>Plus tard, dans l&#8217;ascenseur, je les recroise. Sourires sympathiques de toutes parts. Ils m&#8217;invitent à manger. Au resto de leur hôtel, qui, semble-t-il, est merveilleux. Dit tel quel. Je ne sais donc pas lequel, du resto ou de l&#8217;hôtel, est merveilleux. Je découvrirai bien.</p>
<p><span id="more-676"></span>La conversation va bon train. Le fils, avec ses idées militantes, me rappelle mes années universitaires. Il est charmant, d&#8217;ailleurs, le fils. Je me permets de flirter un tout petit peu, quand même, pour le plaisir du sport. Ça le fait rougir un tantinet. Et ça me fait sourire. J&#8217;insiste un peu plus, question de voir. Il devient plus loquace, plus intrépide avec ses idées, théories et concepts. Je suis sous le charme.</p>
<p>Le père assiste au manège avec un air amusé. Il me lance parfois des regards complices. Puis il entre dans la conversation. Il s&#8217;intéresse à ma pratique artistique. Bien sûr, libraire qu&#8217;il est, ça me fait un interlocuteur intéressant. Et intéressé, de toute évidence. Après un moment, je me rends compte que j&#8217;ai totalement oublié l&#8217;existence du fils, obnubilée par le savoir-faire du père. L&#8217;expérience subtile de celui qui en a charmée plus d&#8217;une.</p>
<p>Le fils, lui, n&#8217;a pas oublié ma présence. Ses yeux, empreint d&#8217;un désir à la grâce toute juvénile, sont fixés sur moi.</p>
<p>Je me demande si ça leur arrive souvent de flirter, comme ça, en famille. Et je décide de jouer le jeu jusqu&#8217;au bout. Je flirte avec l&#8217;un, puis avec l&#8217;autre, pour revenir au premier, et reprendre avec le deuxième. Je ne sens pas de rivalité malsaine entre les deux, plutôt que c&#8217;est de bonne guerre. Et je suis alors certaine que ce n&#8217;est pas la première fois.</p>
<p>À la fin de la soirée, on se fait la bise dans le hall de l&#8217;hôtel. Le père me retient un instant de trop, le temps de glisser au creux de mon oreille le numéro de sa chambre. Le fils m&#8217;embrasse sans rien dire, mais son regard me dévore. Je les regarde se diriger vers les ascenseurs, et monter dans l&#8217;un d&#8217;eux.</p>
<p>J&#8217;hésite un moment. Monter à la chambre ou ne pas monter. Me contenter du flirt, qui était vraiment terriblement sympa, ou m&#8217;offrir la totale.</p>
<p>Bon, j&#8217;y vais.</p>
<p>Dans l&#8217;ascenseur, je mets les mains dans les poches de mon manteau. J&#8217;y trouve une clef de l&#8217;hôtel. Le numéro qui y est indiqué n&#8217;est pas celui de la chambre du père.</p>
<p>Troublée, je suis.</p>
<p>Père ou fils?</p>
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		<title>Poésie</title>
		<link>http://victoriawelby.ca/victoria_w/2009/10/25/poesie/</link>
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		<pubDate>Sun, 25 Oct 2009 18:28:07 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Victoria Welby</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Mon mec arrive de la salle de bain. Son corps est encore perlé de gouttes d&#8217;eau. Il est drôlement beau. Et sexy.
Il prend un livre sur la table de chevet et s&#8217;installe sur le ventre. Il me regarde avec un air coquin et se plonge dans sa lecture.
Quand mon mec expose son cul comme ça, [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Mon mec arrive de la salle de bain. Son corps est encore perlé de gouttes d&#8217;eau. Il est drôlement beau. Et sexy.</p>
<p>Il prend un livre sur la table de chevet et s&#8217;installe sur le ventre. Il me regarde avec un air coquin et se plonge dans sa lecture.</p>
<p>Quand mon mec expose son cul comme ça, c&#8217;est qu&#8217;il a envie que je m&#8217;en occupe. Soit.</p>
<p><span id="more-672"></span>Je dépose mon livre à moi. Je me rends au pied du lit. J&#8217;embrasse son pied droit. Sa cheville. Son mollet. J&#8217;attrape son pied gauche d&#8217;une main, le presse, le câline, le flatte. Je passe aux genoux, aux cuisses, aux hanches, aux flancs, aux épaules. Je m&#8217;installe par-dessus lui. Ma bouche est tout contre son oreille.</p>
<p>— Tu as envie de mes mains, de mes doigts, de ma bouche?</p>
<p>Il sourit. Pointe un doigt vers un tiroir de la commode. Godemiché, donc.</p>
<p>J&#8217;attrape le harnais, installe le gode, passe les sangles autours de mes hanches et de mes cuisses. Je m&#8217;agenouille sur le lit, près de mon mec, et j&#8217;attends qu&#8217;il daigne me regarder.</p>
<p>Quand ses yeux se tournent vers moi, je penche la tête vers l&#8217;avant et laisse de longs filets de salive tomber sur le gode.</p>
<p>Mon mec délaisse son livre et s&#8217;installe à quatre pattes.</p>
<p>Je me place derrière lui. Doucement, j&#8217;introduis le godemiché dans son anus, les mains à plat sur son dos. Et je reste là un moment. Puis je retire le gode tranquillement. Et j&#8217;y retourne. Mes mains s&#8217;agrippent à sa peau, la relâchent, s&#8217;y agrippent de nouveau.</p>
<p>Quand son dos se cambre majestueusement, j&#8217;enfonce le gode autant que je peux. J&#8217;attrape ses hanches entre mes mains. Je donne de profonds coups de rein en saccades.</p>
<p>J&#8217;entends mon mec haleter bruyamment. Je ferme les yeux et laisse les sons me guider.</p>
<p>Il jouit en étouffant un cri que je sens venir du fond de ses tripes.</p>
<p>Je pose mon torse contre son dos. Il s&#8217;étend de tout son long sur le lit. Je passe les mains sous ses épaules, attrape le livre qu&#8217;il a délaissé plus tôt et lui récite des vers en chuchotant.</p>
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		<title>Bouchon</title>
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		<pubDate>Sat, 24 Oct 2009 23:09:37 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Victoria Welby</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Je suis coincée dans un trafic intense. Rien ne bouge, si ce n&#8217;est quelques mètres aux quelques minutes. J&#8217;ai beau m&#8217;impatienter, la situation est ce qu&#8217;elle est.
Je parcours les différents postes de radio à la recherche de quelque chose de décent. Je trouve. J&#8217;écoute.
Puis viens une pub. Des forces armées canadiennes. Et me voilà replongée [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Je suis coincée dans un trafic intense. Rien ne bouge, si ce n&#8217;est quelques mètres aux quelques minutes. J&#8217;ai beau m&#8217;impatienter, la situation est ce qu&#8217;elle est.</p>
<p>Je parcours les différents postes de radio à la recherche de quelque chose de décent. Je trouve. J&#8217;écoute.</p>
<p>Puis viens une pub. Des forces armées canadiennes. Et me voilà replongée dans mon délire viscéral d&#8217;hier. Je pense au militaire. Et je fonds. Et je mouille ma culotte.</p>
<p><span id="more-668"></span>Le trafic est toujours aussi intense. Tout est toujours aussi immobile autour de moi. Je m&#8217;immerge dans un univers fantasmatique.</p>
<p>J&#8217;imagine la chambre d&#8217;hôtel. Le coup de fil de la réception pour m&#8217;aviser que j&#8217;ai un visiteur. Je demande à ce qu&#8217;on l&#8217;invite à monter à ma chambre. J&#8217;ouvre la porte et je m&#8217;installe sur le fauteuil, pleine de désir et d&#8217;envie.</p>
<p>Il entre et referme la porte derrière lui. Il a toujours ce regard avide, profond. Je glisse une main dans mon pantalon. La paume de ma main est sur mon clitoris, pressante, insistante, roucoulante. Mes doigts glissent le long de mes nymphes.</p>
<p>Sans me quitter du regard, le militaire enlève ses vêtements. Il les plie soigneusement et les place un à un sur la commode.</p>
<p>J&#8217;insère un, puis deux doigts dans ma chatte. Les glisse lentement de haut en bas le long de la paroi antérieur de mon con. Délice et extase.</p>
<p>Le militaire s&#8217;agenouille devant moi, enlève mes bottes, mon pantalon, ma culotte. Ses yeux de braise me happent, m&#8217;hypnotisent.</p>
<p>Il me soulève et me porte vers le lit. Je sens la fermeté de sa bite contre mes cuisses. Mes doigts provoquent toujours en moi des secousses enivrantes.</p>
<p>Il s&#8217;étend sur le dos et me pose par-dessus lui. Je tends la main vers la table de chevet et récupère un condom. Je le lui enfile d&#8217;une main. Je caresse ses couilles, son périnée. Ma cyprine coule sur ses cuisses.</p>
<p>Je pose mes deux mains sur son torse et j&#8217;installe mon sexe juste au dessus du sien. Très lentement, je descends mon bassin. Ma chatte se contracte autour de son gland. Le militaire mord sa lèvre inférieur, roule un peu de l&#8217;oeil, mais garde son regard planté dans le mien.</p>
<p>Quand nos bassins sont bien collés l&#8217;un à l&#8217;autre, je me penche vers l&#8217;avant. Mon torse vient s&#8217;étendre contre le sien, mes jambes s&#8217;étirent le long des siennes, nos mains se rejoignent, nos bras s&#8217;étendent au-dessus de nos têtes. Nos corps se mettent au diapason. La va-et-vient subtil de son bassin répond au mien. Nous ne nous embrassons pas. Nos visages sont à quelques centimètres l&#8217;un de l&#8217;autre.</p>
<p>Je me perds dans son regard. Et je jouis bruyamment. Plusieurs fois.</p>
<p>Je reviens à moi en entendant quelques coups de klaxons. Ma main gauche est dans ma culotte; ma main droite est appuyée au toit de la voiture. Je crois que j&#8217;ai crié. Fort. Un moment d&#8217;égarement. Je n&#8217;ose pas regardé autour de moi.</p>
<p>Si j&#8217;osais, je verrais plusieurs voitures immobiles. Devant, derrière, sur les côtés. Des conductrices, des conducteurs me regarderaient avidement. D&#8217;autres seraient en train de prendre leur pied dans leur véhicule. Plusieurs auraient mis en marche leur feux de détresse.</p>
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		<title>Petit déjeuner au lit</title>
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		<pubDate>Thu, 01 Jan 2009 04:01:49 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Victoria Welby</dc:creator>
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		<description><![CDATA[— Tu restes ici, bien emmitouflée dans la couverture. Tu me rejoins dans la chambre, mais seulement quand je t&#8217;appellerai.
Me dit mon mec. Sourire espiègle au visage.
Sur le divan, nous nous offrions un réveillon tranquille d&#8217;amoureux de longue date: vieux films, vin, grignotines, bécots, frusquineries. Entre deux vues, il m&#8217;a demandé comment j&#8217;aimerais débuter l&#8217;année. [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>— Tu restes ici, bien emmitouflée dans la couverture. Tu me rejoins dans la chambre, mais seulement quand je t&#8217;appellerai.</p>
<p>Me dit mon mec. Sourire espiègle au visage.</p>
<p>Sur le divan, nous nous offrions un réveillon tranquille d&#8217;amoureux de longue date: vieux films, vin, grignotines, bécots, frusquineries. Entre deux vues, il m&#8217;a demandé comment j&#8217;aimerais débuter l&#8217;année. En mettant un autre DVD dans le lecteur et sans trop réfléchir, je lui ai dit: avec des oeufs bénédictine. Nous avons regardé<em> The Lady from Shangai.</em></p>
<p>J&#8217;éteins la télé et le lecteur, mets de la musique, m&#8217;étends de tout mon long sur le divan. Et je m&#8217;endors.</p>
<p>C&#8217;est sa voix qui me tire de ma sieste. Quand j&#8217;ouvre un oeil, je vois qu&#8217;il est tout juste passé minuit. Je prends la couverture avec moi et je me rends d&#8217;un pas ensommeillé vers la chambre.</p>
<p>Des tonnes de chandelles éclairent doucement la pièce. Mon mec est étendu sur le dos, flambant nu, en plein milieu du lit, les bras croisés derrière la tête. Sur son ventre trônent: un muffin anglais, un oeuf poché couvert d&#8217;épinards et de guacamole. La sauce hollandaise coule lentement le long de ses flancs. Mmmmmmmmmmmmmmmmm&#8230;</p>
<p><span id="more-561"></span>Je largue la couverture et la grande majorité de mes vêtements. Je me glisse félinement contre mon mec, mon museau à peine plus haut que sa hanche, le côté de mon visage collé contre le lit. Je sors la langue et lape avidement la hollandaise qui traîne dans le creux que forme la jonction de son corps et du couvre-lit. Je remonte jusqu&#8217;au muffin. Je me redresse juste assez pour pouvoir enjamber son corps. Il m&#8217;arrête à mi-mouvement, cambre le haut de son corps pour venir lécher la hollandaise qui nappe le bout de ma truffe. Je me retrouve de l&#8217;autre côté, à laper de nouveau de la hollandaise et à m&#8217;en foutre plein la gueule. Miam.</p>
<p>Je m&#8217;installe entre les jambes de mon mec. Avec de grands coups de langue, je parcours son vit, de la base des couilles au gland. Ça le fait bien rigoler. Et ça l&#8217;allume. Moi aussi. Je pourlèche mes babines, sur lesquelles traîne encore de la hollandaise. Décidément miam.</p>
<p>Je me dresse, m&#8217;avance, fauve et gourmande. Je laisse ma chatte, toute guillerette, se frotter contre le bout de sa bite. Je feule, je ronronne, je refeule.</p>
<p>Du bout de la patte, je pousse par à-coups l&#8217;oeuf bénédictine, jusqu&#8217;à ce qu&#8217;il se trouve au sommet de son torse. Pendant que dans mon con j&#8217;engouffre sa bite, d&#8217;une griffe, je brise délicatement la membrane d&#8217;albumen qui renferme le jaune coulant de l&#8217;oeuf poché. Le jaune liquide fait son chemin parmi les épinards, le guacamole, la hollandaise, se niche en partie dans le muffin mais se répand aussi sur la poitrine de mon mec. Alors que mon bassin se relève puis s&#8217;abaisse langoureusement, je me penche et me gave de bénédictine. Très, très miam. Et mmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmm.</p>
<p>Quand j&#8217;en ai fini de mon souverain festin, ma gueule est pleine de bouts de muffin et d&#8217;épinards, de guacamole et de sauce hollandaise. Mon mec prend délicatement mon visage entre ses mains et entreprend de me nettoyer avec sa langue. Des vagues de plaisir profond traversent ma chatte. Le bassin de mon mec se met au diapason du mien. Nos corps s&#8217;entrechoquent l&#8217;espace d&#8217;un instant, s&#8217;éloignent l&#8217;un de l&#8217;autre un autre instant, pour revenir s&#8217;entrechoquer de nouveau. Entre nos deux poitrines, des restants de jaune d&#8217;oeuf et de hollandaise produisent de singuliers bruits de succion.</p>
<p>On se la coule relativement douce en fin de parcours, nous contentant du mouvement de nos bassins et de bisous repus. On jouit presque en même temps, rare chose s&#8217;il en est une dans l&#8217;univers que nous partageons.</p>
<p>Mon mec se tourne sur le côté, me déposant délicatement sur mon flanc gauche.</p>
<p>— Bonne année, Victoria. Je te souhaite plein de bonheurs, des petits et des grands.</p>
<p>— Bonne année, <em>Amore</em>. Je te souhaite plein de plaisirs, des gigantesques et des minuscules.</p>
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		<title>Samedi. Soirée</title>
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		<pubDate>Sun, 09 Nov 2008 00:13:50 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Victoria Welby</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Je prends une dernière gorgée de vin. Mon mec a encore quelques bouchées de mousse à avaler.
Comme un cliché cinématographique, j&#8217;enlève ma chaussure et je glisse mon pied entre ses cuisses. Du bout des orteils, je taquine son vit. Il rigole, et poursuit sa lente dégustation de mousse aux framboises.
En prenant sa dernière bouchée, il [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Je prends une dernière gorgée de vin. Mon mec a encore quelques bouchées de mousse à avaler.</p>
<p>Comme un cliché cinématographique, j&#8217;enlève ma chaussure et je glisse mon pied entre ses cuisses. Du bout des orteils, je taquine son vit. Il rigole, et poursuit sa lente dégustation de mousse aux framboises.</p>
<p>En prenant sa dernière bouchée, il pose la main sur ma jambe sous la table. Toucher électrique, vibrant. Il dépose sa cuillère, met l&#8217;autre main sur ma jambe. Vagues onduleuses, ondoyantes de plaisir qui remontent le long de mon corps. Je ferme les yeux, apprécie les caresses, me laisse emporter.</p>
<p>De ses deux mains, il presse mon pied contre sa verge tumescente. Il me fait sentir la force, la vigueur de son désir.</p>
<p><span id="more-486"></span></p>
<p>Je retire mon pied de son entrejambe, le laissant glisser le long de sa cuisse. Ses mains le retiennent jusqu&#8217;au dernier moment. D&#8217;un large mouvement du bras, je largue tout ce qui se trouve sur la table (ça fait des semaines, des mois que nous n&#8217;avons pas baiser, le théâtral, le cérémonial, le protocolaire sont de mise). À quatre pattes, sur la table, j&#8217;avance vers lui. Je m&#8217;assois devant lui en posant mon postérieur sur le bord de la table. Je souris.</p>
<p>Il relève mon chandail, presse son front contre mon ventre, m&#8217;enserre dans ses bras. Très délicatement, très amoureusement, il pose des baisers sur la peau de mon ventre, de mes flancs. Il défait la fermeture de mon pantalon, l&#8217;enlève, retire ma culotte.</p>
<p>Je m&#8217;assois sur lui et colle nos torses l&#8217;un à l&#8217;autre. Pendant un long moment, nous nous embrassons. Pendant un long moment, je suis heureuse. J&#8217;ai envie de mon mec. J&#8217;ai foutrement envie de mon mec. Nous étirons le temps, les gestes, parce que ça nous enflamme.</p>
<p>— Ta bite, dans ma chatte. Maintenant.</p>
<p>— Maintenant?</p>
<p>— Maintenant.</p>
<p>Il passe ses bras sous moi, me soulève. Je m&#8217;accroche à lui. Je le couvre de bisous. Je murmure mon envie de lui à son oreille.</p>
<p>Dans la chambre, il ouvre, d&#8217;une main, le tiroir de la commode, y prend un condom. Il déchire l&#8217;enveloppe avec ses dents, puis me la tend. Je prends le préservatif; il défait la fermeture de son jeans, sort sa verge de son caleçon. Je passe les mains sous mes cuisses par derrière et lui enfile le condom; il laisse mon corps glisser contre le sien, sa bite pénétrer mon con.</p>
<p>Je hurle de plaisir. Je suis à la fois louve et féline. Je plante mes ongles dans la peau de son dos, les laisse descendre lentement, savamment. Mon mec dépose dans mon oreille des mots coquins, frusquins. Mon mec jouit en poussant de vigoureux coups de reins.</p>
<p>Il me dépose sur le lit, écarte mes cuisses. Je le prends par les épaules, l&#8217;attire vers moi.</p>
<p>— Pas ta bouche. Tes mains. Je veux sentir ton corps tout contre le mien, je veux que tu m&#8217;embrasses indéfiniment.</p>
<p>D&#8217;une main adroite, il caresse mon clitoris, mes nymphes, mes grandes lèvres, mon périnée. Son bras tient mon corps plaqué contre le sien. Sa bouche ne se détache pas de la mienne.</p>
<p>Ma jouissance se pointe comme un orage imprévu. Je jouis fort, violemment, brusquement. Mon mec est par-dessus moi, embrasse mes lèvres, mes joues, mon menton, mon cou. Je beugle à n&#8217;en plus finir.</p>
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		<item>
		<title>Samedi. Dessert</title>
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		<pubDate>Sat, 08 Nov 2008 23:59:24 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Victoria Welby</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Nous en sommes à la mousse aux framboises. J&#8217;ai déjà terminé ma portion à moi. Mon mec, à son habitude, déguste la chose par minuscules bouchées, entre lesquelles il fait de longues pauses.
— Tu as l&#8217;air de vraiment bien aller, aujourd&#8217;hui.
— Oui.
Il me sourit, reprend une infime bouchée de mousse. Je le regarde avec affection.
— [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Nous en sommes à la mousse aux framboises. J&#8217;ai déjà terminé ma portion à moi. Mon mec, à son habitude, déguste la chose par minuscules bouchées, entre lesquelles il fait de longues pauses.</p>
<p>— Tu as l&#8217;air de vraiment bien aller, aujourd&#8217;hui.</p>
<p>— Oui.</p>
<p>Il me sourit, reprend une infime bouchée de mousse. Je le regarde avec affection.</p>
<p>— Non seulement aujourd&#8217;hui, mais ces derniers temps.</p>
<p>— Vraiment?</p>
<p>— Vraiment.</p>
<p>— C&#8217;est une bonne nouvelle.</p>
<p>— Je me suis remise à écrire.</p>
<p>— Tu me feras lire.</p>
<p>— L&#8217;inspiration n&#8217;est pas la seule chose qui m&#8217;est revenue.</p>
<p><span id="more-483"></span>La cuillère reste enfermée dans sa bouche, son regard est braqué sur le mien, ses yeux s&#8217;écarquillent.</p>
<p>— Tu veux dire que&#8230;?</p>
<p>— Oui, je veux dire que.</p>
<p>Ce qu&#8217;il y a de bien, dans les vieilles relations, ce sont ces moments de révélation silencieux. Dans les yeux de mon mec, je vois passer de grands éclairs de compréhension. Il revoit la journée, identifie les gestes, les paroles, les signes. Je le vois se frapper en imagination le front avec la paume de la main.</p>
<p>— Tu veux&#8230;?</p>
<p>Mon mec n&#8217;est généralement pas hésitant, balbutiant dans l&#8217;expression de son désir. Mais ça fait des semaines, des mois que mon désir à moi est à sec. Il est surpris. Et ravi, semble-t-il. Ça se voit dans son visage.</p>
<p>— Ah ha.</p>
<p>Il reprend une microscopique bouchée de mousse, laisse traîner la cuillère longuement dans sa bouche, passe sa langue délicatement sur ses lèvres en me regardant avec envie. Malgré les semaines, les mois d&#8217;attente, il va me faire patienter. Parce qu&#8217;il sait que j&#8217;adore différer le plaisir. Et que ça l&#8217;allume passablement lui aussi.</p>
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		<title>Samedi. Souper</title>
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		<pubDate>Sat, 08 Nov 2008 23:03:46 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Victoria Welby</dc:creator>
				<category><![CDATA[aucune]]></category>

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		<description><![CDATA[Je passe la tête par le cadre de la porte; mon mec s&#8217;est remis à sa lecture.
— T&#8217;as faim?
— Un peu.
— C&#8217;est prêt.
— C&#8217;est prêt?
— Oui. Potage aux poireaux et bleu. Moules-frites. Mousse aux framboises.
Je crois que j&#8217;aperçois presque une goutte de salive au coin de sa lèvre.
Il se lève, m&#8217;embrasse sur l&#8217;épaule au passage, [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Je passe la tête par le cadre de la porte; mon mec s&#8217;est remis à sa lecture.</p>
<p>— T&#8217;as faim?</p>
<p>— Un peu.</p>
<p>— C&#8217;est prêt.</p>
<p>— C&#8217;est prêt?</p>
<p>— Oui. Potage aux poireaux et bleu. Moules-frites. Mousse aux framboises.</p>
<p>Je crois que j&#8217;aperçois presque une goutte de salive au coin de sa lèvre.</p>
<p>Il se lève, m&#8217;embrasse sur l&#8217;épaule au passage, et se rue vers la salle à manger.</p>
<p>Je zieute ses fesses, ses cuisses, son dos. Il est foutrement sexy, mon mec.</p>
]]></content:encoded>
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		<title>Samedi. Après-midi</title>
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		<pubDate>Sat, 08 Nov 2008 20:24:48 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Victoria Welby</dc:creator>
				<category><![CDATA[aucune]]></category>

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		<description><![CDATA[Il est au lit avec un bouquin. C&#8217;est un des petits plaisirs de la vie que nous adorons partager: passer un après-midi au lit, à lire, à somnoler, à siester, à baiser, à re-siester, à lire de nouveau. Je reste un moment dans le cadre de porte à le contempler. Il est sexy. Très sexy.
Je [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Il est au lit avec un bouquin. C&#8217;est un des petits plaisirs de la vie que nous adorons partager: passer un après-midi au lit, à lire, à somnoler, à siester, à baiser, à re-siester, à lire de nouveau. Je reste un moment dans le cadre de porte à le contempler. Il est sexy. Très sexy.</p>
<p>Je vais chercher un bouquin et je viens m&#8217;installer avec lui. Je dépose mon corps en travers du lit, ma tête sur son ventre. Il place une main sur mon ventre, m&#8217;offre un regard souriant et retourne à sa lecture. Je me plonge dans la mienne.</p>
<p>Plus tard, quand je tourne la tête pour le regarder de nouveau, il s&#8217;est endormi. J&#8217;enlève le bouquin qu&#8217;il tient encore à la main et le pose sur la table de chevet. J&#8217;y dépose aussi le mien. Je me blottis contre lui, la tête au creux de son épaule, et ferme les yeux.</p>
<p>J&#8217;ai soif, faim de son corps.</p>
]]></content:encoded>
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		<title>Samedi. Brunch</title>
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		<pubDate>Sat, 08 Nov 2008 17:06:42 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Victoria Welby</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Nous sommes dans un resto de quartier que nous affectionnons particulièrement. Je déguste des oeufs bénédictine avec guacamole et épinards; il savoure des crêpes bretonnes jambon-fromage-pêches-béchamel. Miam dans tous les cas. Alors qu&#8217;il s&#8217;apprête à prendre une bouchée de sa crêpe, je pose la main sur son bras pour arrêter son mouvement. Je pointe un [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Nous sommes dans un resto de quartier que nous affectionnons particulièrement. Je déguste des oeufs bénédictine avec guacamole et épinards; il savoure des crêpes bretonnes jambon-fromage-pêches-béchamel. Miam dans tous les cas. Alors qu&#8217;il s&#8217;apprête à prendre une bouchée de sa crêpe, je pose la main sur son bras pour arrêter son mouvement. Je pointe un doigt vers sa fourchette en relevant un sourcil. Il me tend la bouchée. Je lui offre une bouchée de mon plat à moi. Il l&#8217;accepte avec un sourire.</p>
<p>Je le regarde amoureusement. Vachement amoureusement. Il continue à me parler de cette exposition qu&#8217;il a vue récemment. Il reprend exactement là où il était rendu avant que je ne l&#8217;interrompe pour avoir une bouchée de sa pâtée et lui offrir une bouchée de la mienne.</p>
<p>L&#8217;envie au creux de mon ventre se fait plus pressante, plus présente.</p>
]]></content:encoded>
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		<title>Samedi. Avant-midi</title>
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		<pubDate>Sat, 08 Nov 2008 15:13:23 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Victoria Welby</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Il bosse à l&#8217;ordinateur. Je me place derrière lui, pose mon menton sur son épaule gauche, ma joue collée à la sienne. Je tourne la tête et embrasse son cou. Il passe une main distraite mais tendre dans mes cheveux, continuant à manier la souris de l&#8217;autre main.
Je souris, pose un baiser sur sa joue.
— [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Il bosse à l&#8217;ordinateur. Je me place derrière lui, pose mon menton sur son épaule gauche, ma joue collée à la sienne. Je tourne la tête et embrasse son cou. Il passe une main distraite mais tendre dans mes cheveux, continuant à manier la souris de l&#8217;autre main.</p>
<p>Je souris, pose un baiser sur sa joue.</p>
<p>— Je vais faire des courses. Tu as besoin de quelque chose?</p>
<p>— Non, merci. À plus tard.</p>
<p>Il a toujours les yeux rivés sur l&#8217;écran.</p>
]]></content:encoded>
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		<title>Samedi. Réveil</title>
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		<pubDate>Sat, 08 Nov 2008 13:46:55 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Victoria Welby</dc:creator>
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		<description><![CDATA[J&#8217;ouvre un oeil. J&#8217;étire un bras, puis l&#8217;autre. J&#8217;ouvre l&#8217;autre oeil. Je me tourne vers mon mec. Son visage fait face au mien. Il est beau. Extrêmement beau. Je glisse un doigt le long de l&#8217;arête de son nez. Je trace le contour de ses lèvres. Je pose ma main sur sa joue. Il ouvre [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>J&#8217;ouvre un oeil. J&#8217;étire un bras, puis l&#8217;autre. J&#8217;ouvre l&#8217;autre oeil. Je me tourne vers mon mec. Son visage fait face au mien. Il est beau. Extrêmement beau. Je glisse un doigt le long de l&#8217;arête de son nez. Je trace le contour de ses lèvres. Je pose ma main sur sa joue. Il ouvre un oeil, puis l&#8217;autre. Me sourit. Frémissement dans mon bas-ventre. Je colle mes lèvres aux siennes, mordille celle du bas, puis celle du haut. Il prend mon visage dans ses mains, pose un baiser sur mon front, se lève, enfile un caleçon, un t-shirt et va vaquer à ses occupations du matin.</p>
<p>Je tire les couvertures par-dessus ma tête. Je pose mes mains sur ma chatte, heureuse de sentir là du désir, de la soif, de pouvoir presque tenir cette envie dans mes doigts.</p>
]]></content:encoded>
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		<title>Cartographie</title>
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		<pubDate>Tue, 17 Jun 2008 01:44:38 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Victoria Welby</dc:creator>
				<category><![CDATA[aucune]]></category>

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		<description><![CDATA[Mon mec rentre tard du boulot.
Il me trouve assise en tailleur, nue, sur notre lit. Plume à la main. Corps tatoué.
— Victoria?
Je souris abondamment. Retourne au mot que j&#8217;étais sur le point de finaliser.
Mon mec accroche son veston au dossier de la chaise, défait sa cravate. Il est drôlement sexy, en costard. Et encore plus [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Mon mec rentre tard du boulot.</p>
<p>Il me trouve assise en tailleur, nue, sur notre lit. Plume à la main. Corps tatoué.</p>
<p>— Victoria?</p>
<p>Je souris abondamment. Retourne au mot que j&#8217;étais sur le point de finaliser.</p>
<p>Mon mec accroche son veston au dossier de la chaise, défait sa cravate. Il est drôlement sexy, en costard. Et encore plus quand il commence à se défaire dudit costard. Il me regarde avec un air coquin. Je consens à m&#8217;expliquer.</p>
<p>— Tu m&#8217;as manqué.</p>
<p>— Et?</p>
<p>— Et je me suis mise à m&#8217;imaginer tout ce que j&#8217;aurais envie que tu me fasses quand tu rentrerais.</p>
<p>— Mais encore?</p>
<p>— J&#8217;ai eu peur d&#8217;oublier les détails, je me suis dit que je devrais les noter en t&#8217;attendant.</p>
<p><span id="more-447"></span>Il s&#8217;approche, regarde le tout de plus près. Je lui montre un doigt. «Doigt 1. Caresser, embrasser, lécher.» Il sourit. Je lui en montre un autre. «Doigt 2. Embrasser, lécher, caresser.» Il embrasse, lèche et caresse mon doigt. Puis s&#8217;empare de la plume. Écrit «mmmmmmmmmmmmmmmmm». Frissons partout sur mon corps. Je lui montre le bout de ma peau qui recouvre un de mes os iliaques. «Mordiller gentiment.» Ce qu&#8217;il fait. Puis écrit «miam». Frémissements charmants.</p>
<p>— Et là, de quoi s&#8217;agit-il?</p>
<p>Il y a un long texte sur mon ventre. Où il est question de la façon dont j&#8217;aimerais qu&#8217;il s&#8217;occupe de mon dos. Avec une flèche.</p>
<p>Ses lèvres se posent au bout de la flèche et suivent son orientation. Il pose des baisers de chaque côté de ma colonne, le long de mes flancs. Ses mains se posent fermement sur ma chair, dévalent mon corps, l&#8217;enveloppent, le manœuvrent. Il m&#8217;étend sur le ventre, se pose sur moi, met sa bouche tout à côté de mon oreille.</p>
<p>— Et maintenant?</p>
<p>Je lui montre mon avant-bras. Y sont inscrits des mouvements, va-et-vient, battement, à-coups&#8230;  et des variations, soyeux, généreux, ambitieux&#8230; Il soulève son bassin un tantinet, passe une main pour défaire sa braguette et enfiler sa bite dans ma chatte. Roulements de tambour tonitruants.</p>
<p>Quand nous avons joui plus d&#8217;une fois tous les deux, il s&#8217;empare de la plume que nous avions abandonnée et trace des lettres dans mon dos. Il refusera de me faire la lecture de ses écrits post coïtum et les effacera avant que je ne puisse me pointer devant une glace. Je devrai me fier à ma perception et à ma mémoire charnelles pour décoder et reconstituer des fragments de son discours amoureux.</p>
]]></content:encoded>
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		<title>Postnativité</title>
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		<pubDate>Sat, 29 Dec 2007 17:05:18 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Victoria Welby</dc:creator>
				<category><![CDATA[aucune]]></category>

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		<description><![CDATA[Maintenant que nous avons passé les célébrations de Noël familiales, sociales, amicales, professionnelles, maintenant que nous avons offert et reçu bouteilles d&#8217;alcool, de parfum, cravates, gants, portefeuilles, chocolats à la menthe et à la cerise, chèques cadeaux pour la librairie ou le magasin de disques, potiches et artisanat autochtone, mon mec et moi nous préparons [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Maintenant que nous avons passé les célébrations de Noël familiales, sociales, amicales, professionnelles, maintenant que nous avons offert et reçu bouteilles d&#8217;alcool, de parfum, cravates, gants, portefeuilles, chocolats à la menthe et à la cerise, chèques cadeaux pour la librairie ou le magasin de disques, potiches et artisanat autochtone, mon mec et moi nous préparons une retraite.</p>
<p>Nous avons fait des provisions qui peuvent nous durer sept jours au moins. Nous avons plusieurs bouteilles de vin en réserve. Nous avons choisi dix livres qui n&#8217;ont rien à voir avec le boulot ou avec ces-livres-qu&#8217;on-doit-absolument-lire-ou-avoir-lus. Nous avons des grilles de mots croisés, de sodoku, une planche de Scrabble, et un jeu de trictrac. Nous nous sommes offerts de nouveaux disques de jazz.</p>
<p>Dans quelques instants, nous allons débrancher tous les téléphones de la maison et la sonnette, éteindre les ordinateurs, mettre des chandelles pour l&#8217;éclairage. Notre plan pour terminer l&#8217;année et accueillir la nouvelle est simple: baiser, dormir, baiser, lire, baiser, manger, baiser, siester, baiser, boire, baiser, écouter de la musique, baiser, jouer au Scrabble, baiser, faire une partie de trictrac, baiser, dormir encore, baiser différement, lire encore, baiser sur un autre rythme, prendre sa revanche au Scrabble, baiser de nouveau, etc.</p>
<p>— Victoria, tu viens?</p>
<p>Mon mec s&#8217;impatiente.</p>
<p>— J&#8217;arrive, je ferme mon ordinateur.</p>
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		<title>SOS bisous</title>
		<link>http://victoriawelby.ca/victoria_w/2007/08/25/sos-bisous/</link>
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		<pubDate>Sat, 25 Aug 2007 19:17:16 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Victoria Welby</dc:creator>
				<category><![CDATA[aucune]]></category>

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		<description><![CDATA[— Tu sais, je n&#8217;ai embrassé personne depuis la dernière fois que je t&#8217;ai vue.
On s&#8217;est vus la dernière fois il y a un peu plus d&#8217;un an.
— Mais c&#8217;est terrible!
Inacceptable, même. Où s&#8217;en va le monde? On doit mettre sur pied un organisme, une fondation. Engager des volontaires, des bénévoles. Personne ne devrait être [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>— Tu sais, je n&#8217;ai embrassé personne depuis la dernière fois que je t&#8217;ai vue.</p>
<p>On s&#8217;est vus la dernière fois il y a un peu plus d&#8217;un an.</p>
<p>— Mais c&#8217;est terrible!</p>
<p>Inacceptable, même. Où s&#8217;en va le monde? On doit mettre sur pied un organisme, une fondation. Engager des volontaires, des bénévoles. Personne ne devrait être privée, privé de baisers pendant plus d&#8217;une semaine. Voilà ce que je dis, moi.</p>
<p>Ce que je lui dis. Après l&#8217;avoir couvert de bisous et de câlins pendant un très long moment.</p>
]]></content:encoded>
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		<title>Visite inopinée</title>
		<link>http://victoriawelby.ca/victoria_w/2007/07/20/visite-inopinee/</link>
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		<pubDate>Fri, 20 Jul 2007 17:40:00 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Victoria Welby</dc:creator>
				<category><![CDATA[aucune]]></category>

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		<description><![CDATA[Ça sonne à la porte. J&#8217;enlève mes écouteurs, délaisse mon clavier, vais ouvrir.
— Bonjour Victoria!
Son enthousiasme est patent.
— Salut&#8230;?
Je suis plus qu&#8217;étonnée de le trouver là, chez moi.
— Je passais dans le coin, je me suis dit que j&#8217;arrêterais dire bonjour.
Vraiment, il est plein d&#8217;entrain.
— Entre&#8230;
Je lui offre quelque chose à boire. On s&#8217;assoit à [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Ça sonne à la porte. J&#8217;enlève mes écouteurs, délaisse mon clavier, vais ouvrir.</p>
<p>— Bonjour Victoria!</p>
<p>Son enthousiasme est patent.</p>
<p>— Salut&#8230;?</p>
<p>Je suis plus qu&#8217;étonnée de le trouver là, chez moi.</p>
<p>— Je passais dans le coin, je me suis dit que j&#8217;arrêterais dire bonjour.</p>
<p>Vraiment, il est plein d&#8217;entrain.</p>
<p>— Entre&#8230;</p>
<p>Je lui offre quelque chose à boire. On s&#8217;assoit à la cuisine et on papote. Longtemps. Il parle beaucoup. De sa vie. De ses potes. De ses copines. De sa femme idéale qui, étrangement, me ressemble beaucoup. Il me fait un cour timide mais certaine. Ça me fait sourire.</p>
<p>Le temps a diablement passé sans que je m&#8217;en rende compte. Je l&#8217;invite au resto. Il passe au mode questionnement. Il veut tout savoir de moi, mon passé, ma vie, mes opinions, mes goûts, ce qui m&#8217;allume, ce qui me laisse froide, les films que j&#8217;ai adoré, ceux que j&#8217;ai détesté, à quoi j&#8217;occupe mes temps libres, ce que je lis, ce que je pense de telle chose, telle activité, telle situation. Il me fait un cour de moins en moins timide et de plus en plus certaine. Ça me fait bien rigoler. Je suis plutôt charmée, et flattée.</p>
<p>On passe prendre un film au club vidéo. On s&#8217;installe au salon pour le regarder. À un moment, il se penche par-dessus moi pour poser son verre sur la table qui se trouve à ma gauche. Il me lance un regard des plus donjuanesques. Son visage n&#8217;est qu&#8217;à quelques centimètres du mien. Je souris du coin des lèvres.</p>
<p>— Eh, oh, on ne me la fait pas, celle-là. J&#8217;ai trente-cinq ans, je connais un peu tous les rouages.</p>
<p>Rouge comme une tomate, il devient. Transi, il reste dans sa posture incertaine quelques secondes, se rassoit de son côté, s&#8217;intéresse de nouveau au film, et finit par sourire timidement. J&#8217;ébouriffe ses cheveux, lui lance un grand sourire et me concentre aussi sur le film.</p>
<p>Après le film, je lui offre de le raccompagner chez lui.</p>
<p>— Allez, je te reconduis chez ton père.</p>
<p>C&#8217;est le fils d&#8217;une bonne copine à moi. Le genre de gamin qui a bien l&#8217;air de ses treize ans, mais qui démontre parfois trente ans de maturité, voire, de cynisme. Disons que la vie ne lui a pas souvent laissé la chance d&#8217;être un adolescent, un enfant. Depuis que je le connais, il m&#8217;émeut. Et je sais que je chavire son coeur.</p>
<p>Je me suis offert quelques fantasmes dans lesquels il figurait. Il était un curieux mélange de hardiesse et de timidité, de curiosité rafraîchissante et d&#8217;inexpérience charmante. Une main qui se pose audacieusement sur ma chatte, mais qui ne sait trop comment caresser mon clitoris, mes lèvres, mes nymphes. Des mots francs, directs, énoncés avec un léger tremblement dans la voix. Un désir débordant, tellement explosif qu&#8217;on ne sait qu&#8217;en faire.</p>
<p>Dans la vraie vie, je le considère comme un ami, et il n&#8217;est pas question qu&#8217;il se passe quoi que ce soit entre nous. Je ne serais qu&#8217;un autre accroc dans une vie au parcours déjà mille fois trop accidenté.</p>
<p>Alors qu&#8217;il ouvre la portière et s&#8217;apprête à sortir de la voiture, je mets ma main sur son épaule et pose une bise tendre sur sa joue.</p>
<p>— On se reprendra. C&#8217;était très chouette.</p>
<p>Il me lance un sourire éclatant, sort de la bagnole et monte les marches de l&#8217;appart de son père quatre à quatre.</p>
]]></content:encoded>
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		<title>Rencontre virtuelle</title>
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		<pubDate>Mon, 16 Jul 2007 00:48:00 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Victoria Welby</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Je l&#8217;imagine grand, maigre, chevelure ébouriffée et plutôt foncée, yeux sombres, démarche lente, posée, sensuelle, une voix de contralto, des mots simples, aux sonorités feutrées, des gestes amples, un peu paresseux mais déterminés.
Je n&#8217;ai pas vu de photo lui. Il en a vu plusieurs de moi. Nous avons échangé quelques courriels, clavardé une fois. Son [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Je l&#8217;imagine grand, maigre, chevelure ébouriffée et plutôt foncée, yeux sombres, démarche lente, posée, sensuelle, une voix de contralto, des mots simples, aux sonorités feutrées, des gestes amples, un peu paresseux mais déterminés.</p>
<p>Je n&#8217;ai pas vu de photo lui. Il en a vu plusieurs de moi. Nous avons échangé quelques courriels, clavardé une fois. Son intellect, sa curiosité, ses passions m&#8217;ont charmée. Il doit me rejoindre dans ce café où je l&#8217;attends depuis quelques instants.</p>
<p>J&#8217;imagine de grandes mains osseuses se poser dans mon dos, le parcourir de haut en bas, lentement, par-dessus mes vêtements, puis dessous. Une bouche aux formes pleines se pose délicatement sur la mienne, au sortir d&#8217;une phrase anodine. Mon corps se réchauffe, vibre à la proximité du sien. Mes mains agrippent ses hanches, l&#8217;attire vers moi. Ma jambe se love autour de la sienne. Je glisse à son oreille mon désir, mon envie de lui. Je passe une main dans ses cheveux&#8230;</p>
<p>— Bonsoir.</p>
<p>Perdue dans mes songes, je ne l&#8217;ai pas vu arriver, ni s&#8217;installer à ma table. Je passe outre ma stupéfaction et lui souris, le salue en retour.</p>
<p>Il est ni grand ni petit, ni gras ni maigre. Ses cheveux sont blond roux, ses yeux clairs trônent derrière des lunettes rondes aux montures dorées.</p>
<p>Nous discutons de tout et de rien. Puis de lui, puis de moi. De nos vies, de nos amantes, amants, de nos passions.</p>
<p>Ses gestes sont petits, précis, brefs.</p>
<p>On commande un autre verre. On est maintenant assez à l&#8217;aise pour blaguer, raconter les histoires qui ne nous montrent pas nécessairement sous notre meilleur jour.</p>
<p>Je révise mes fantasmes. Je nous imagine dans mon lit, verre de vin à la main, déshabillant l&#8217;autre tranquillement au gré de la conversation. Je sortirai mes jouets, il en choisira un, je lui expliquerai comment l&#8217;utiliser en en faisant la démonstration sur son corps. Il prendra le jouet, s&#8217;occupera de mon corps. Il posera des tas de questions pour savoir comment faire, si ça fait du bien, si je veux plus, moins de pression, de vibrations. Je dirigerai la scène avec des mots, des cris, des soupirs, des gestes, des miaulements. Nous y passerons la nuit, rigolant, discutant, orgasmant. On s&#8217;endormira avec le premier rayon de soleil, lui tout replié sur lui-même, moi l&#8217;entourant.</p>
<p>Il me sort de mon fantasme :</p>
<p>— Je commande d&#8217;autres verres?</p>
<p>Je lui lance un sourire terriblement coquin, mais je refuse l&#8217;offre, prétextant une journée bien occupée demain. Il demande si on se reverra.</p>
<p>— Bien sûr. Je te donne des nouvelles bientôt.</p>
<p>Je lui fais la bise, lentement, tout près de la commissure des lèvres. Je m&#8217;attarde, goûte sa peau, son odeur, sa nervosité charmante. Et je m&#8217;en vais.</p>
<p>En route vers la maison, je polie mon fantasme, lui ajoute des scènes, des dialogues, des jeux. Dès que j&#8217;arriverai, je mettrai tout ça dans un courriel et le lui enverrai, avec mon adresse, une date et une heure pour le rendez-vous.</p>
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		<title>Rite de passage</title>
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		<pubDate>Sun, 24 Jun 2007 21:33:00 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Victoria Welby</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Je suis de retour depuis quelques jours maintenant. Et, depuis quelques jours maintenant, mon mec me tient à distance.
C&#8217;est toujours comme ça quand je pars plus de deux jours. À la surface, comme ça, il a l&#8217;air content de me revoir quand je reviens. Mais une partie de lui me traite comme si je l&#8217;avais [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Je suis de retour depuis quelques jours maintenant. Et, depuis quelques jours maintenant, mon mec me tient à distance.</p>
<p>C&#8217;est toujours comme ça quand je pars plus de deux jours. À la surface, comme ça, il a l&#8217;air content de me revoir quand je reviens. Mais une partie de lui me traite comme si je l&#8217;avais abandonné.</p>
<p>Je me suis habituée à cette réaction d&#8217;animal pas tout à fait apprivoisé. C&#8217;est vrai que mes départs sont presque des ruptures. J&#8217;aime partir et tout laisser derrière, ne pas donner de nouvelles, ne pas envoyer de carte, ne pas passer de coup de fil. Un  bout de liberté que je fauche,  que je dérobe à ma vie, oubliant toutes attaches, tous liens.</p>
<p>Je suis de retour depuis quelques jours maintenant, après plusieurs semaines d&#8217;absence, et mon mec fait l&#8217;animal effarouché.</p>
<p>Je fais comme j&#8217;ai toujours fait dans ces cas-là. Je le réapprivoise petit à petit, un jour à la fois. Avant-hier, en allant le rejoindre au lit, je lui ai donné des bisous, sur le front, sur la joue, sur l&#8217;oreille, dans le cou. Je lui ai laissé son côté du lit et je me suis endormie de mon côté, gentiment. Hier, j&#8217;ai attendu qu&#8217;il soit plongé dans un demi-sommeil, et j&#8217;ai embrassé son corps avec le mien. Pas trop longtemps. Juste assez pour que la chaleur de nos deux corps se fasse sentir.</p>
<p>Ce soir, il est au lit avec un bouquin. Je prends un livre et je m&#8217;installe à ses côtés. Après quelques instants, je glisse une main vers sa cuisse. Je la caresse en poursuivant ma lecture. Je m&#8217;aventure vers sa hanche, son ventre, son torse, son bras. Un début de sourire s&#8217;affiche sur son visage. Je pose mon livre et m&#8217;occupe de son corps à deux mains. Puis je m&#8217;assois sur ses cuisses. Je lui prends son livre des mains, le pose sur la table de chevet. Je le regarde avec tendresse, et j&#8217;attends que son demi-sourire se transforme en sourire complet. Je l&#8217;embrasse, longtemps, mes mains entourant sa mâchoire. Ses mains finissent par se poser sur mon corps, par m&#8217;attirer contre lui.</p>
<p>On fait durer le plaisir des baisers comme un jeune couple, éternellement. Puis il prend mes hanches, les soulève, et pose sa bite dans ma chatte. Ça fait plusieurs jours que j&#8217;ai terriblement envie de lui, de sa verge, de son corps, de ses caresses, de ses lèvres. Je jouis presque immédiatement, sans flafla, tranquillement, dans le silence. J&#8217;ajuste le mouvement de mon bassin au mouvements du sien, et je laisse venir les orgasmes les uns à la suite des autres. Et je ne cesse de l&#8217;embrasser.</p>
<p>Ça me rappelle la première fois que nous avons fait l&#8217;amour ensemble. Simplement, tendrement. Parce qu&#8217;on ne se connaissait pas vraiment. Parce qu&#8217;on découvrait petit à petit le corps, l&#8217;envie, le désir de l&#8217;autre. Ça me donne presque envie de repartir. Juste pour goûter, au retour, cette réappropriation de notre territoire commun.</p>
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		<title>Lieu VII</title>
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		<pubDate>Wed, 14 Feb 2007 00:36:00 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Victoria Welby</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Ils s&#8217;embrassent passionnément. Comme ça. En plein milieu d&#8217;un autobus bondé de monde. Ils sont beaux. Moment de grâce déchirant la toile morne du quotidien d&#8217;une heure de pointe de fin de journée.
— Oh! Arrêtez! C&#8217;est quoi, ces saloperies, en public?
Dit un monsieur pas très loin de moi et qui a l&#8217;air très, très outré.
Un [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Ils s&#8217;embrassent passionnément. Comme ça. En plein milieu d&#8217;un autobus bondé de monde. Ils sont beaux. Moment de grâce déchirant la toile morne du quotidien d&#8217;une heure de pointe de fin de journée.</p>
<p>— Oh! Arrêtez! C&#8217;est quoi, ces saloperies, en public?</p>
<p>Dit un monsieur pas très loin de moi et qui a l&#8217;air très, très outré.</p>
<p>Un baiser? Des saloperies? J&#8217;interviens.</p>
<p>— Moi, je suis plutôt charmée par cette expression publique de tendresse.</p>
<p>Le monsieur outré est encore plus outré.</p>
<p>— On vous a pas demandé votre avis, à vous!</p>
<p>— Eh bien, comme vous partagez la vôtre avec tout le monde, je me suis dit que je ferais de même.</p>
<p>Et puis je me doute que ce qui le choque, ce n&#8217;est pas un couple qui s&#8217;embrasse en public, mais le fait que ce soit un couple d&#8217;hommes. </p>
<p>Mes covoyageurs et covoyageuses joignent leur voix à la mienne pour approuver la légitimité et la beauté du geste des deux hommes. Certains, certaines se mettent à s&#8217;embrasser, très joliment et très coquinement. Une femme en face de moi me lance un regard interrogateur; j&#8217;opine de la tête. Nous nous enlaçons étroitement et nous embrassons avidement.</p>
<p>Le militantisme coquin, espiègle et sexy, j&#8217;adore.</p>
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		<title>Sibérie</title>
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		<pubDate>Fri, 09 Feb 2007 15:03:00 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Victoria Welby</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Je ferme la porte derrière moi. Je suis transie, mon nez coule et j&#8217;ai terriblement envie de pipi. Dehors, il fait vingt degrés Celsius sous zéro, les rafales de vents vont jusqu&#8217;à soixante kilomètres à l&#8217;heure. Les joies de l&#8217;hiver montréalais. Mon mec, qui lit tranquillement un livre assis sur le canapé, me regarde avec [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Je ferme la porte derrière moi. Je suis transie, mon nez coule et j&#8217;ai terriblement envie de pipi. Dehors, il fait vingt degrés Celsius sous zéro, les rafales de vents vont jusqu&#8217;à soixante kilomètres à l&#8217;heure. Les joies de l&#8217;hiver montréalais. Mon mec, qui lit tranquillement un livre assis sur le canapé, me regarde avec un air attendri.</p>
<p>J&#8217;enlève mes mitaines, puis mes gants, mon manteau, mon foulard, ma tuque, mon autre manteau, mon autre foulard, mon chandail de laine. Les joies de l&#8217;hiver montréalais, vraiment. Mon mec me regarde comme si j&#8217;étais l&#8217;effeuilleuse la plus sexy du monde. Je lui adresse un sourire gentil. Puis je renifle.</p>
<p>Je m&#8217;assois et entreprends d&#8217;enlever mes bottes. Mes doigts, qui ont gelé malgré les gants et les mitaines, peinent à défaire les lacets. Je renifle encore. Mon mec a posé son livre, s&#8217;est approché de moi et essuie maintenant mon nez avec un mouchoir. Je suis pleine de reconnaissance. Il s&#8217;agenouille à mes pieds, défait les lacets et enlève mes bottes l&#8217;une après l&#8217;autre. Il lève son visage vers moi, sourit avec bienveillance et pointe le petit coin du doigt.</p>
<p>— Va.</p>
<p>Je cours.</p>
<p>Quand je ressors de la toilette, il m&#8217;entraîne vers notre lit, m&#8217;y installe sous un gros tas de couvertures. Il prend une de mes mains, qu&#8217;il masse longuement, puis l&#8217;autre, puis un pied, puis l&#8217;autre. Ma reconnaissance est sans fin.</p>
<p>Il me rejoint sous les couvertures, enlève mes vêtements, les siens, colle son corps brûlant contre le mien. Mmmmmmmmmmmmmmmmmmmmm. Ses bras m&#8217;enlacent, sa bouche parcours plusieurs parcelles de ma peau. Je me tourne vers lui, souris.</p>
<p>— Je n&#8217;ai pas envie de faire l&#8217;amour.</p>
<p>— Ça va.</p>
<p>Sourire tranquille sur son visage. Il continue ses bisous, ses caresses. Après un moment, il plaque son corps derrière le mien et chante à mon oreille. Jusqu&#8217;à ce que les bras de Morphée m&#8217;accueillent.</p>
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		<title>Avant-première</title>
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		<pubDate>Tue, 30 Jan 2007 23:44:00 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Victoria Welby</dc:creator>
				<category><![CDATA[aucune]]></category>

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		<description><![CDATA[Sur mon corps il y a des mots, des nombres, des flèches, des lignes, des dessins. Sur mon corps il y a une pièce de théâtre qui ne demande qu&#8217;à être mise en scène, jouée, représentée.
ACTE 1, SCÈNE 1
On entend une sonnette. VICTORIA, nue et couverte d&#8217;écritures, va ouvrir la porte. C&#8217;est L&#8217;AMANT qui arrive.
L&#8217;AMANT [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Sur mon corps il y a des mots, des nombres, des flèches, des lignes, des dessins. Sur mon corps il y a une pièce de théâtre qui ne demande qu&#8217;à être mise en scène, jouée, représentée.</p>
<p>ACTE 1, SCÈNE 1</p>
<p><span style="font-style: italic;">On entend une sonnette. VICTORIA, nue et couverte d&#8217;écritures, va ouvrir la porte. C&#8217;est L&#8217;AMANT qui arrive.</span></p>
<p>L&#8217;AMANT (faisant la bise à VICTORIA)<br />Une femme tatouée&#8230; Bonsoir.</p>
<p>VICTORIA (avec un sourire coquin)<br />Ce ne sont pas <i>que</i> des tatouages, c&#8217;est un programme.</p>
<p>L&#8217;AMANT (regardant de plus près)<br />Vraiment?</p>
<p><span style="font-style: italic;">VICTORIA présente son dos à l&#8217;amant. Il se penche pour lire.</span></p>
<p>L&#8217;AMANT<br />Charmante scène. L&#8217;AMANT, c&#8217;est moi?</p>
<p>VICTORIA (se retournant vers L&#8217;AMANT)<br />Pour autant que tu acceptes de te prêter au jeu. Preneur?</p>
<p>L&#8217;AMANT<br />Bien sûr.</p>
<p>J&#8217;aime les amants dociles et joueurs. Beaucoup.</p>
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