Dissonance

Je suis hypersensible. Je n’aime pas beaucoup l’expression. En anglais, on parle de sensory processing sensitivity. À peine mieux. En gros: mon corps et ma tête réagissent plus fort que la moyenne des ours aux stimuli. Résultat: le monde est, pour moi, plus manifeste. Surtout plus bruyant. C’est plus souvent qu’autrement chiant. Une image imparfaite: j’ai l’impression de faire du camping en plein milieu d’un chantier de construction, alors que j’habite simplement dans un appartement à l’insonorisation mal foutue. Rationnellement, je suis très consciente de cet état de fait. Mais mon système nerveux n’en a rien à cirer, de la rationalité: il est constamment en mode réponse à des agressions multiples. C’est épuisant. Terriblement épuisant. Il reste très peu d’énergie, après, pour avoir du plaisir et être heureuse.

Je possède plusieurs traits qui ne sont pas les plus communs du genre humain. Ou valorisés dans notre monde. Ou appréciés chez une femme. Plus jeune, j’ai tenté de ne pas être ce que je suis. Échec monumental. Mieux vaut les embrasser, ces traits, être en concordance avec leur configuration particulière. Ça simplifie mon existence.

L’hypersensibilité acoustique, c’est une autre histoire. Je n’y trouve que des inconvénients. Et aucune solution pratique. Surtout dans un monde de plus en plus bruyant. (Surtout dans une ville où les crisses de tabarnacs de sacraments d’appartements sont tous mal insonorisés, à moins de payer une fortune en loyer.)

L’hypersensibilité, c’est aussi des réactions plus intenses aux stimuli tactiles. Des bouchons d’oreilles, après cinq minutes, ça m’irrite au plus haut point. Après dix minutes, j’ai l’air d’un chien qui veut s’enlever vingt tiques dans l’oreille. Je supporte les écouteurs un brin plus longtemps, tant qu’il ne sont pas dans mes oreilles.

Bref, pour ce coup-là, j’ai l’impression d’avoir hérité d’un gène taré. Une caractéristique dont je ne peux me défaire et qui est totalement incompatible avec le monde contemporain actuel. Si j’avais un tempérament d’aventurière, je me réfugierais probablement au fin fond du désert ou au coeur du grand nord.

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