Violence sourde

You bullied me out of my home.

J’aimerais dire ceci à mon ancien voisin du dessous. J’aimerais qu’il comprenne la violence pernicieuse de ses gestes, de ses paroles, de ses comportements, de ses attitudes, de ses cris, de ses arguments fallacieux.

C’est improbable. Que j’aie l’occasion de le dire. Mais, surtout, qu’il comprenne. Je le sais depuis le jour un. D’où le fait que je sois partie.

Mais il reste la colère et l’indignation. C’est vachement injuste que les ptits cons de son espèce réussissent, plus souvent qu’autrement, à imposer leur réalité. Il reste aussi les regrets. J’étais bien dans cet appartement, dans ce quartier. Heureuse. Le nouvel appartement et le nouveau quartier sont franchement moins biens. Il reste encore cette envie d’aller lui péter la gueule: «You fucking bullied me out of my home, you entitled, arrogant, narcissistic brat!»

Savoir que ça ne donnerait rien.

Soupirer très fort. Aller s’asseoir sur le coussin de méditation. May I be happy, may I be healthy and strong, may I be secure and protected, may I be at peace and at ease…

Dance It Away

Danseuse de baladi aux courbes généreuses

— D’habitude, tu danses le ventre découvert, non?

D’habitude, oui.

Depuis des années, je m’efforce d’accepter mon corps tel qu’il est. La semaine dernière, alors que les chairs de mon ventre vibraient généreusement au rythme d’un maqsoum, j’ai eu une épiphanie.  Ce ventre, non seulement je l’acceptais tel qu’il était mais, de plus, je le trouvais beau. Et émouvant.

— Je ne sens plus le besoin de l’exposer dans un effort conscient de résistance symbolique aux diktats de la beauté.

J’ai enfin fait la paix avec mon apparence physique.

Fat Chance Belly Dance, une photo de David Yu (cc by-nc-nd 2.0)

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